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L'inefficacité économique de l'Ontario dans la mire de la VG

Encore cette année, le bureau de la Vérificatrice générale de l'Ontario écorche le gouvernement dans sa gestion de plusieurs dossiers, concluant que beaucoup d'argent a été dépensé inutilement.

Un texte de Julie-Anne Lamoureux

Le rapport de plus de 1000 pages risque de donner des munitions à l’opposition à quelques mois des prochaines élections provinciales prévues le 7 juin 2018.

Il s'agit du dernier rapport annuel de la vérificatrice, Bonnie Lysyk, avant le déclenchement de la campagne électorale.

Parmi les principales découvertes et conclusions de l’équipe de la vérificatrice générale :

Électricité, encore et toujours

La vérificatrice conclut que de plus en plus, le coût d’ajustement entre le prix de production et le prix de l’électricité est refilé aux consommateurs résidentiels et aux petites entreprises au profit des joueurs industriels majeurs.

La vérificatrice générale rapporte que neuf exploitants de centrales au gaz ou au charbon ont demandé le remboursement de frais - qui n'étaient pourtant pas admissibles - de l'ordre de 260 millions de dollars entre 2006 et 2015. Parmi les remboursements réclamés non-admissibles, on retrouve des lavages d'autos d'employés, des travaux d'aménagement paysager, de l'équipement de plongée et des pièges à ratons laveurs, « soit des choses qui n'ont rien à voir avec le fonctionnement d'équipement de production d'électricité en mode veille ».

Par exemple, en janvier 2011, tous les abonnés payaient environ 7 cents/kWh.

Depuis juin 2017, les abonnés résidentiels et les petites entreprises paient le double, soit 12 cents/kWh contre environ 6 cents/kWh pour les gros consommateurs industriels.

Par ailleurs, Mme Lysyk déplore que la Société indépendante d’exploitation du réseau d’électricité n’ait pas suivi en 15 ans les recommandations du comité de surveillance du marché de la Commission de l’énergie de l’Ontario, ce qui a entraîné des dépenses inutiles.

La Société indépendante d’exploitation du réseau d’électricité continue de verser aux exploitants de centrales au gaz environ 30 M$ de plus que nécessaire, chaque année.

Santé

Comme la province a une capacité limitée en matière de greffe de cellules souches, les patients sont envoyés aux États-Unis à un coût moyen de 660 000 $ pour la greffe de cellules souches alors qu’il en coûterait en moyenne 128 000 $ si la procédure avait lieu en Ontario.

De plus, Mme Lysyk déplore que le gouvernement ne rembourse pas nécessairement le coût des médicaments pour traiter le cancer s’ils ne sont pas administrés à l’hôpital. La plupart de ces médicaments se donnent par voie orale.

Le prix des médicaments génériques a diminué depuis 10 ans. Malgré ce fait, le ministère de la Santé et des Soins de longue durée dépense plus que jamais, souligne le rapport. L’Ontario a ainsi déboursé environ 100 M$ de plus que la Nouvelle-Zélande pour les mêmes médicaments en 2015-2016.

Pressions financières sur les conseils scolaires

Depuis que les enseignants ne peuvent plus accumuler leurs jours de congé maladie, le nombre de jours pris par année a augmenté de façon notable, selon l’enquête de la vérificatrice générale.

Durant 5 ans, le nombre de jours de congé de maladie dans plus de 50 conseils scolaires a augmenté de 29 % (soit de 9 à 11,6 jours par employé).

Un conseil scolaire a même dû utiliser du financement prévu pour les élèves à risque pour combler le manque à gagner dans la rémunération des enseignants, entre autres.

La formule de financement aux conseils scolaires n’a pas été révisée depuis 2002, ce que déplore le rapport de Mme Lysyk.

Situations d’urgence

La VG s’inquiète de voir que la province n’est pas préparée à répondre à une situation d’urgence de grande envergure.

Elle indique dans son rapport que les plans d’urgence n’ont pas été mis à jour depuis des années.

En fait, la dernière analyse des risques à l’échelle de la province a été faite en 2012 et en se fiant aux urgences survenues jusqu’en 2009. La vérificatrice générale déplore que ces plans ne tiennent pas compte des nouvelles informations sur les changements climatiques, les cyberattaques et le terrorisme.

Édifices vacants

Le rapport encourage le gouvernement à vendre plus rapidement ses immeubles vacants. En 2016-2017, la province a dû payer 19M$ pour entretenir 812 édifices vides.

Nouveaux arrivants

Même si l’Ontario et le Canada sont dirigés par deux gouvernements libéraux, la vérificatrice note un problème de collaboration.

Par exemple, la province a payé 30 M$ pour des services déjà offerts aux nouveaux arrivants par Ottawa.

Mme Lysyk salue l’accord entre les deux paliers de gouvernement conclu récemment, ce qui devrait améliorer les choses, selon elle.

« Une bonne planification favorise la surveillance et la prise de décisions éclairées et rapides, et peut contribuer à éviter un grand nombre de problèmes que nous avons soulevés cette année », de conclure la vérificatrice générale de l’Ontario.

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