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L'ombre de l'ALENA plane sur la visite officielle de Trudeau au Mexique

Au moment où l'incertitude plane plus que jamais sur l'avenir de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), le premier ministre Justin Trudeau et le président mexicain Enrique Peña Nieto ont tous deux affirmé jeudi soir qu'ils demeuraient investis dans les discussions avec les États-Unis.

Lors d'une conférence de presse conjointe après de longues discussions bilatérales à Mexico, les deux hommes ont reconnu que la situation était difficile, mais ils ont insisté sur la nécessité d’un accord tripartite.

Le président mexicain a tenu à rappeler que tout ce qui se dit sur l'impact des négociations en cours à l'extérieur de la table elle-même ne constitue que des spéculations.

Le premier ministre Trudeau s’est voulu rassurant en affirmant que le Canada ne quitterait pas la table de négociations à cause de certaines propositions, mais y resterait pour discuter de ces propositions.

Plus tôt dans la journée, M. Trudeau et son épouse, Sophie Grégoire, ont été accueillis par le président mexicain Enrique Peña Nieto et son ministre des Affaires étrangères, Luis Videgaray, sous le regard de dizaines de journalistes couvrant la visite du premier ministre canadien.

Le premier ministre canadien arrive en effet de Washington, où le président Donald Trump s'est dit prêt à exclure le Mexique pour conclure une entente bilatérale de libre-échange avec le Canada uniquement, dans l'éventualité d'un échec de la renégociation entreprise par les trois pays pour renouveler l'ALENA.

Le ministre mexicain des Affaires étrangères a déjà déclaré que ce ne serait pas la fin du monde si Mexico décidait de renoncer à l'accord, ajoutant que son pays n'accepterait pas d'entente « limitée » ni de « commerce dirigé ».

Le Mexique s'est joint en 1994 à l'Accord de libre-échange (ALE) qu'avaient initialement conclu Ottawa et Washington en 1988.

Trudeau se fait rassurant

À Washington, mercredi, Justin Trudeau n'a pas écarté l'idée que le Canada puisse faire équipe avec les États-Unis sans le Mexique. Néanmoins, le premier ministre doit prendre la parole devant le Sénat mexicain, vendredi, pour réaffirmer que le Canada considère le Mexique comme un partenaire majeur et qu'il souhaite maintenir une bonne collaboration.

Prévue en 2018, l'élection présidentielle au Mexique pourrait compliquer encore davantage la situation. Cette échéance pousse d'ailleurs les négociateurs mexicains à tenter d'obtenir un nouvel accord de libre-échange d'ici la fin de l'année.

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