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L'Ontario veut moderniser ses lois du travail

La province veut refléter les réalités du marché de l'emploi de 2017 en mettant les lois du travail au goût du jour.

Un texte de Claudine Brulé

Le ministre du Travail de l'Ontario, Kevin Flynn, reconnaît que les jeunes qui entrent sur le marché du travail aujourd'hui ne sont pas confrontés aux mêmes réalités que quand il a commencé sa carrière. « Il y a plus d'emplois temporaires, dit-il, plus de postes contractuels. »

Le gouvernement attend dans les prochains jours les recommandations de deux conseillers spéciaux, qui, depuis 2015, se penchent sur les changements possibles à la Loi de 1995 sur les relations de travail, et la Loi de 2000 sur les normes d'emploi.

Au cours des consultations, ils ont, entre autres, entendu de nombreux Ontariens dire qu'ils souhaitaient être informés plus longtemps à l'avance de leurs horaires de travail afin de pouvoir planifier les services de garde de leurs enfants ou leurs rendez-vous, affirme le ministre Flynn.

Le rapport intérimaire propose notamment de revoir :

  • les heures supplémentaires;
  • le salaire minimum inférieur pour les étudiants et pour les serveurs dans les bars;
  • l'utilisation de travailleurs de remplacement;
  • l'obligation de donner les horaires de travail plusieurs jours à l'avance.

Le président de la Fédération ontarienne du travail, Chris Buckley, demande des changements aux lois sur le travail. « Le statu quo n'est pas une option », dit-il.

L'un des changements qu'il souhaite voir est l'adoption d'une clause qui oblige les employeurs à payer des congés de maladie à leurs travailleurs. À l'heure actuelle, les entreprises ne sont pas obligées de payer leurs employés lorsqu'ils sont malades.

Un monde du travail pas si précaire selon les entreprises

La Chambre de commerce de l'Ontario ne croit pas que les lois régissant le marché du travail aient besoin de grands changements.

Son porte-parole, Karl Baldauf, affirme que les emplois à temps partiel ne sont pas aussi fréquents que certains le croient.

« L'emploi à temps partiel est à la baisse depuis 1992, dit-il, et les travailleurs autonomes sont aussi en baisse depuis 1992. »

Karl Baldauf met en garde la province contre de trop grands bouleversements.

« Il faut s'assurer de ne pas mettre les entreprises dans une position où elles sont réticentes à embaucher », affirme-t-il.

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