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L'opposition à l'Î.-P.-É. propose un nouveau modèle de gouvernement

Le chef de l'opposition officielle à l'Île-du-Prince-Édouard a jeté un pavé dans la marre lors de la rentrée parlementaire, jeudi. James Aylward a proposé à l'Assemblée législative d'ajouter l'option d'un gouvernement de consensus à une éventuelle question référendaire sur la réforme du mode de scrutin.

Un texte de François Pierre Dufault

Le chef progressiste-conservateur croit que la plus petite province est un terreau fertile pour un tel modèle de gouvernement, inspiré du modèle du territoire du Nunavut.

Un gouvernement de consensus fonctionne sans partis politiques. Les députés sont tous indépendants. Ce n'est qu'une fois élu qu'ils choisissent entre eux un premier ministre et un conseil des ministres.

Les électeurs de l'Île-du-Prince-Édouard auront à se prononcer une deuxième fois sur une possible réforme du mode de scrutin lors d'un référendum qui aura lieu en marge des prochaines élections provinciales.

En 2016, une courte majorité d'électeurs a voté lors d'un plébiscite pour que la province insulaire adopte un mode de scrutin proportionnel mixte.

Jugeant le taux de participation trop faible, le premier ministre Wade MacLauchlan a cependant décidé de soumettre la question à un référendum. L'Assemblée législative doit débattre d'une question référendaire au cours des prochaines semaines.

Mais déjà, il semble que le premier ministre ait fait son choix. S'il n'en tient qu'à Wade MacLauchlan, il y aura deux options sur les bulletins de vote : le mode de scrutin proportionnel mixte et le système actuel, uninominal majoritaire à un tour.

James Aylward aimerait que l'option qu'il défend soit ajoutée aux bulletins de vote lors du référendum, qui pourrait avoir lieu dès ce printemps si les rumeurs d'élections hâtives se confirment.

Toutefois, le premier ministre Wade MacLauchlan juge que la proposition de son adversaire arrive trop tard dans le débat sur la réforme du mode de scrutin, qui dure depuis plus de deux ans déjà.

Le chef du Parti vert, Peter Bevan-Baker, un partisan de la première heure d'un système proportionnel mixte, trouve « intéressante » l'idée du gouvernement de consensus. Mais il n'est pas prêt à ajouter une telle option à la question référendaire. C'est un modèle « qui vaut la peine d'être étudié plus en détail », affirme-t-il, mais qui « serait très difficile à implanter du jour au lendemain », selon lui.

Contrat sans appel d'offres

Par ailleurs, le chef de l'opposition officielle James Aylward a réclamé du gouvernement, jeudi, qu'il rende public un contrat accordé sans appel d'offres à une entreprise privée pour la prestation de soins à domicile.

Une partie des transferts fédéraux en santé négociés par l'Île-du-Prince-Édouard au cours de la dernière année doit servir à financer de nouveaux services de soins à domicile qui seront offerts par les ambulanciers paramédicaux d'Island EMS, une compagnie privée qui appartient à Services de santé Medavie.

Les progressistes-conservateurs s'inquiètent du fait qu'Island EMS a reçu le contrat d'une valeur de 450 000 $ par année sans appel d'offres, et du fait qu'il existe des liens entre le gouvernement libéral et la société mère du service d'ambulances.

L'ancien premier ministre Robert Ghiz fait partie du conseil d'administration de Medavie, tandis que le premier ministre actuel, Wade MacLauchlan, a été membre du conseil d'administration de l'entreprise et président de sa fondation caritative avant de se lancer en politique en 2015.

« Montrez-nous le contrat ! Qu'y a-t-il de si secret ? Ce n'est pas l'argent [des politiciens], c'est l'argent des contribuables. Et les contribuables ont le droit de savoir comment leur argent est dépensé », a fustigé James Aylward à sa sortie de la période de questions, jeudi après-midi.

Le ministre de la Santé et du Mieux-être, Robert Mitchell, a déclaré à l'Assemblée législative qu'un appel d'offres n'était pas nécessaire dans ce cas-ci, puisqu'il s'agissait de l'ajout d'une clause au contrat existant entre la province et Island EMS pour le service d'ambulances.

Le premier ministre Wade MacLauchlan a mentionné, à son tour, qu'il avait rompu tous ses liens avec Medavie avant de faire le saut en politique active.

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