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L'opposition est divisée sur les façons de réinvestir en éducation au Québec

Il s'en est fallu de peu vendredi pour que les partis d'opposition à Québec montrent un visage uni afin de presser le gouvernement Couillard de réinjecter de l'argent en éducation. Mais après une conférence durant laquelle le Parti québécois, la Coalition avenir Québec et Québec solidaire semblaient d'accord sur les manières dont il fallait faire ce réinvestissement, les partis ont divergé d'opinion.

Le Parti québécois demande au gouvernement Couillard de réinvestir en éducation une part du milliard de dollars de surplus budgétaire dégagé depuis le début de l'année.

Selon le porte-parole péquiste en éducation, Alexandre Cloutier, il y a maintenant les « marges de manoeuvre » requises pour embaucher des professionnels et du soutien aux enseignants, notamment pour les élèves en difficulté.

Pour appuyer ses dires, M. Cloutier s'en remet au plus récent rapport mensuel des opérations financières du gouvernement qui révélait que l'État a dégagé un surplus de 944 millions de dollars dans les cinq premiers mois de l'exercice financier.

La Coalition avenir Québec voit les choses différemment : elle demande aussi un réinvestissement massif, non pas à partir du surplus de 1 milliard de dollars, mais en puisant dans des économies réalisées en effectuant des compressions dans la bureaucratie.

De son côté, Québec solidaire apporte des nuances. Puiser à même les surplus constitue une option à court terme. Selon cette formation politique, il faut suspendre les versements au Fonds des générations et réallouer cet argent à l'éducation. 

Dans leur effort pour convaincre le gouvernement, les trois partis, PQ, CAQ et Québec solidaire, ont rallié des coalitions de parents, aussi présentes à la conférence de presse, afin d'exiger un réinvestissement urgent, après les compressions imposées par les libéraux dans les 19 derniers mois.

La porte-parole du groupe « Je protège mon école publique », Pascale Grignon, a pour sa part affirmé que les récents attentats de Paris font prendre conscience de l'importance de l'éducation de qualité, qui donne des outils au Québec et aux enfants afin que « la liberté et le respect gardent le dessus sur l'ignorance, la violence et l'injustice ».

Échos provenant de la Commission de la culture et de l'éducation

À l'Assemblée nationale en matinée vendredi, dans le cadre de la Commission de la culture et de l'éducation, la députée de Gouin pour Québec solidaire, Françoise David, a déclaré : « Il n'est plus vrai que chaque enfant du Québec a le droit à la meilleure éducation possible. Toutes sortes de disparités existent et sont inconciliables avec un droit véritable à l'éducation. Disparités entre les écoles privées et publiques, entre municipalités riches et villages dévitalisés. Entre écoles de milieux favorisés ou de classe moyenne et écoles de milieux défavorisés ».

Dans son interpellation du ministre de l'Éducation, François Blais, Mme David a soutenu que, ces cinq dernières années, « les gouvernements avaient coupé un milliard en éducation ». Selon elle, les conséquences de ces coupes atteignent directement les élèves et elle a rappelé au ministre de l'Éducation qu'il avait lui-même affirmé lors de son assermentation qu'il devait beaucoup à l'école publique.

Dans sa réponse, le ministre Blais a reconnu que c'était le cas. Il a rappelé qu'il venait lui-même d'une grande famille de la campagne, « assez modeste ».

« Je suis vraiment un enfant du rapport Parent, a déclaré François Blais, et j'ai pu continuer mes études jusqu'au niveau universitaire et j'ai eu l'occasion ensuite de devenir un enseignant, de voyager dans le monde et de rencontrer les grands universitaires de mon domaine et tout ça, c'est l'école publique qui me l'a permis. »

M. Blais a de plus précisé que ses propres enfants avaient fréquenté l'école publique. 

Il y a plus de ressources qu'avant, soutient François Blais

Certes, le ministre Blais reconnaît que l'année en cours est difficile en raison des efforts budgétaires qui sont demandés.

Et, dans le portrait qu'il a tracé à « grands traits » du système québécois, le ministre a expliqué que le grand défi du Québec en matière d'éducation réside dans la nécessité de réduire le fort taux de décrochage scolaire. 

Mais il maintient néanmoins que le Québec a connu « une augmentation importante des ressources ces dernières années ». Des ressources, dit-il en substance, qui contribuent maintenant à faire baisser le taux de décrochage. 

M. Blais a évoqué le fait que les services « pourraient être mieux déployés » par les commissions scolaires. Il a aussi dit que le personnel professionnel et enseignant avait augmenté « de façon continue ces dernières années » dans les écoles. « Il faut se satisfaire de ces situations-là », dit le ministre de l'Éducation.

Ce à quoi Françoise David a répliqué que dans les écoles secondaires de milieux défavorisés, le taux annuel de décrochage des élèves s'élevait à 24,2 % en 2011-2012. « Ce qui est près du double des écoles secondaires de milieux plus aisés », a-t-elle dit.

« J'aimerais qu'on souligne que lorsque les enfants sont pauvres, c'est parce que leurs parents sont pauvres et que j'espère que ce gouvernement s'attaquera non pas aux pauvres, mais à la pauvreté des parents et de nos enfants des écoles défavorisées », a déclaré Françoise David.

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