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L'opposition réclame des enquêtes sur Laurent Lessard

L'opposition à Québec réclame des enquêtes des commissaires à l'éthique et au lobbyisme sur un conflit d'intérêts potentiel concernant le ministre Laurent Lessard et un entrepreneur qui a été l'un de ses proches collaborateurs.

Cet entrepreneur, Yvon Nadeau, est PDG et principal actionnaire d'une entreprise forestière, Pyrobiom Énergies inc, qui a obtenu une subvention de 3 millions de dollars en juillet 2016 du gouvernement de Philippe Couillard, selon ce qu'a révélé le Journal de Québec.

Or, non seulement M. Nadeau a-t-il travaillé pour Laurent Lessard durant une dizaine d'années dans les années 2000, mais il est venu lui prêter main-forte dans le dossier de l'amiante durant un an, en 2014 et 2015, à son bureau de comté de Thetford Mines. À ce moment-là, Laurent Lessard était ministre des Forêts.

Interpellé par la presse jeudi, en marge du caucus libéral qui se déroule à Gatineau, Laurent Lessard a déclaré avoir suivi « religieusement » les recommandations du commissaire à l'éthique dans cette affaire. De son côté, le premier ministre Philippe Couillard a reproché aux partis d'opposition de vouloir « mousser l'événement pour des raisons partisanes ».

« Information privilégiée » et « avantages indus »?

Aux yeux du Parti québécois (PQ) et de la Coalition avenir Québec (CAQ), cette controverse illustre le peu de considération que les libéraux accordent aux questions d'éthique. Et, en raison des allégations de favoritisme que cette situation fait peser sur M. Lessard, tant Agnès Maltais du PQ que Simon Jolin-Barrette de la CAQ demandent que la lumière soit faite.

En conférence de presse jeudi, la députée de Taschereau, Agnès Maltais, a décrit ainsi les événements : « Le ministre des Forêts accepte d'engager un employé qui [...] en même temps qu'il est son employé, qu'il est responsable de son bureau de comté, se négocie en même temps une subvention dans le secteur forestier, dans le secteur de son patron ».

La CAQ, dans un communiqué publié par le député Simon Jolin-Barrette, reproche à Yvon Nadeau d'avoir « mandaté un lobbyiste pour faire pression auprès de son propre ministère en vue de l'obtention d'une aide gouvernementale ». 

Yvon Nadeau a vu le commissaire à l'éthique « par précaution »

Le ministre Lessard affirme qu'Yvon Nadeau ne travaillait pas pour lui en 2013, lorsqu'il a demandé une subvention dans le cadre d'un programme du ministère des Ressources naturelles, au nom de son entreprise.

En 2014, lorsqu'il s'est joint au personnel de son bureau de comté, M. Nadeau l'a informé de cette situation « par mesure de précaution », précise Laurent Lessard. Les deux hommes ont par la suite convenu de demander l'avis du commissaire à l'éthique, même si Yvon Nadeau n'en avait pas l'obligation, du fait qu'il ne travaillait pas au sein du cabinet et n'était pas un membre de l'Assemblée nationale.

« Il [le commissaire à l'éthique] l'a rencontré et lui a donné les directives et les balises auxquelles on s'est astreints », affirme Laurent Lessard.

Le ministre, qui est désormais à la tête du ministère des Transports, affirme qu'il demandera au commissaire à l'éthique de rendre publiques les directives qui avaient été données à Yvon Nadeau. 

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