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L'opposition salue le retour du commissaire à la santé, mais critique le ministre Barrette

La décision de Québec de rétablir le poste de commissaire à la santé et au bien-être (CSBE) qu'il avait prestement aboli il y a deux ans, a suscité une vague de réactions dans les couloirs de l'Assemblée nationale, en commencant par les explications du ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

« Dans les deux dernières années, j’ai fait des représentations à l’effet que ça devrait revenir pour toutes sortes de raisons. Là, les marges de manœuvre sont au rendez-vous, on le ramène. C’est un peu une figure imposée, ça revient et c’est très bien comme ça », a dit le ministre Barrette.

Mais le député de Québec solidaire Amir Khadir ne croit pas un mot des explications du ministre de la Santé.

« C’était une décision irréfléchie, irresponsable, à l’image habituelle du ministre Barrette, qui se voit aujourd’hui forcé de reculer et de prétendre que c’est lui-même qui a fait les représentations. Je n’en crois pas un mot. Nous sommes contents que M. Salois soit réinstitué dans ses fonctions et je pense que c’est une bonne opportunité de se rappeler pourquoi il avait été écarté », a souligné M. Khadir.

Rappelons que ce poste, qu’occupait Robert Salois depuis sa création en 2006, avait été aboli dans le budget du ministre des Finances, Carlos Leitao, en 2016. M. Salois avait alors déploré la façon cavalière dont il avait appris la nouvelle, sans explication ou justification, par un fonctionnaire, la veille de la présentation du budget.

Pour le Réseau FADOQ, le rétablissement du poste de commissaire est « une excellente nouvelle [...] pour peu évidemment que le futur commissaire hérite des mêmes pouvoirs, notamment celui d'évaluer les impacts des politiques publiques, qu'on voulait malheureusement transférer au ministre de la Santé », commente le président du regroupement, Maurice Dupont. Il déplore que cette décision survienne à la veille des élections.

Le Réseau FADOQ avait dénoncé cette décision avec le Conseil pour la protection des malades, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, le regroupement Médecins québécois pour le régime public, Amir Khadir et la députée Diane Lamarre, du Parti québécois.

Celle-ci attribue d'ailleurs le retour du commissaire aux pressions faites pour annuler cette abolition de poste. « Dès l’élection du PQ, retour du CSBE, de son mandat et de son budget », a-t-elle tweeté.

La CSN a aussi salué le retour du commissaire en soulignant son importance. « Le rôle de chien de garde que joue le commissaire est primordial pour l'amélioration du réseau public de santé et de services sociaux. Les nombreux rapports qu'il a publiés au cours des dernières années témoignent de l'importance de son travail », a dit le vice-président de la CSN, Jean Lacharité.

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