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L'opposition satisfaite d'avoir mis de la pression sur le gouvernement Trudeau

Les partis d'opposition à Ottawa ont dressé le bilan de leur session parlementaire, mardi, en reprochant au gouvernement de Justin Trudeau de ne pas avoir honoré ses promesses électorales.

Selon le député conservateur Gérard Deltell, les libéraux tentent de « gagner du temps » en consultant, plutôt que de mettre en oeuvre leur plateforme électorale.

« Conservateurs, libéraux : plus ça change, plus c'est pareil au fédéral », raille le député du Bloc québécois pour la circonscription Rivière-du-Nord, Rhéal Fortin. Ce dernier y est allé d'un mot d'esprit en disant que des libéraux de Jean Chrétien à ceux de Justin Trudeau « rien n'a changé, sauf le coiffeur ».

De son côté, à l'aube d'une course à la direction, le Nouveau Parti démocratique (NPD) tente de tirer son épingle du jeu en dressant un bilan positif de ses interventions durant la session qui vient de se terminer à Ottawa.

Les députés Peter Julian et Guy Caron affirment que les troupes néo-démocrates ont su exposer à quel point le gouvernement de Justin Trudeau n'a pas respecté ses engagements.

Peter Julian, qui représente la circonscription de New Westminster-Burnaby, affirme que dans beaucoup de dossiers « rien n'a changé ». Le député de la Colombie-Britannique estime que la session parlementaire qui vient de s'écouler n'a pas été aussi ambitieuse que ce à quoi on aurait pu s'attendre, compte tenu des promesses électorales des libéraux.

Une motion qui a pris tout le monde par surprise

« Ils ont fait un certain nombre de choses que j'ai trouvées surprenantes », dit Peter Julian en faisant référence à la tentative du gouvernement libéral de limiter les débats en vue de l'adoption du controversé projet de loi sur l'aide à mourir. « Ça a été profondément dérangeant pour tout le monde », commente-t-il.

Par l'entremise de la motion numéro 6, le gouvernement se donnait la possibilité de modifier l'horaire des travaux de manière unilatérale tout en retirant aux partis d'opposition des outils leur permettant de faire obstruction aux travaux parlementaires de la Chambre. La motion a finalement été retirée le 19 mai dernier, « mais elle peut être remise n'importe quand », s'alarme Peter Julian, qui trace un parallèle avec les agissements du gouvernement Harper.

D'ajouter M. Julian, le fait de restreindre le temps alloué aux débats et d'arriver avec des projets de loi omnibus sont des choses « qu'on avait décriées sous l'ancien gouvernement Harper et qui continuent sous le nouveau gouvernement Trudeau ». Ce qui incite le député à conclure que « les affaires n'ont pas changé beaucoup » sur la colline du Parlement.

Le NPD estime avoir joué son rôle d'opposition

Le NPD se félicite d'avoir obligé les troupes de Justin Trudeau à présenter une loi sur l'équité salariale. Dans le cas du dossier sur l'aide médicale à mourir, il affirme avoir montré la voie au gouvernement afin que la loi corresponde à la Charte canadienne des droits et libertés. Sans succès toutefois, ce qui fait dire à Peter Julian qu'il y aura sûrement des contestations sur le plan judiciaire.

En ce qui a trait à la réforme du processus électoral, les néo-démocrates affirment être parvenus à faire en sorte que le gouvernement ne soit pas majoritaire au comité spécial mandaté pour étudier cette question. En échange, le NPD s'est engagé à ne pas réclamer un référendum à ce sujet, comme le font conservateurs et bloquistes.

Le BQ dit « veiller au grain » pour le Québec à Ottawa

Tout comme le NPD, le Bloc québécois s'enorgueillit d'avoir fait bouger le gouvernement Trudeau. Les secteurs dans lesquels les bloquistes disent s'être illustrés diffèrent cependant de ceux du NPD.

Ainsi, le Bloc dit avoir fait reculer le gouvernement libéral relativement aux réfugiés haïtiens et zimbabwéens sans statut qui faisaient face à des menaces d'expulsion.

Le Bloc affirme aussi avoir obtenu, après 15 ans de lutte, l'inscription automatique au supplément de revenu garanti, une mesure qui garantit une aide financière à 450 000 aînés figurant parmi les moins nantis au pays.

« Travaillant à promouvoir la pétition contre le projet Énergie Est, nous avons créé des liens avec des organismes gouvernementaux et des citoyens, pour ainsi former avec eux une véritable coalition contre le pipeline », se réjouit encore Rhéal Fortin.

L'opposition rappelle les enjeux soulevés par le projet de loi C-10

Enfin, tant les néo-démocrates que les bloquistes dénoncent le sort réservé aux travailleurs d'Aveos.

Rappelons qu'en 2007 Air Canada avait vendu sa division d'entretien à Aveos, une société qui a fermé en 2012, faute de travail. Des 2600 travailleurs alors laissés en plan, 1800 se trouvaient au Québec. Dans un premier temps, Ottawa avait appuyé le syndicat d'Aveos et intenté une poursuite contre Air Canada. Mais par la présentation du projet de loi C-10, le fédéral a changé la donne. Ce projet de loi, s'il est adopté, assouplirait les conditions imposées à Air Canada pour l'entretien de ses appareils.

« Les troupes de Justin Trudeau ont trahi les travailleurs d'Aveos », dénonce Rhéal Fortin du Bloc québécois.

« Adopter une loi pour dégager Air Canada de ses obligations, ce n'est pas rien », dit pour sa part Peter Julian du NPD, en faisant allusion au projet de loi C-10. 

Un comité sénatorial étudie présentement le projet de loi C-10. Tout opposé qu'il soit à l'existence du Sénat, à qui il reproche d'être composé de non-élus, le NPD dit souhaiter que la Chambre haute prenne en considération l'ensemble des enjeux soulevés par ce projet de loi.

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