Le PQ et la CAQ demandent le retrait de Sam Hamad du Conseil des ministres, tandis que Québec solidaire réclame sa démission, à la suite de la diffusion d'un reportage d'Enquête montrant l'accès privilégié dont a bénéficié Marc-Yvan Côté auprès de M. Hamad. Ce dernier dit n'avoir rien à se reprocher.

Une série de courriels démontrent que Sam Hamad, actuel président du Conseil du Trésor, était « une source d'information stratégique » et faisait avancer les dossiers de Marc-Yvan Côté au gouvernement, qui s'activait en retour pour récolter du financement politique.

Marc-Yvan Côté était vice-président du conseil d'administration de Premier Tech, jusqu'à son arrestation pour fraude et corruption par l'Unité permanente anticorruption (UPAC) le 17 mars dernier.

En entrevue à l'émission Première heure vendredi matinSam Hamad assure n'avoir rien à se reprocher. Il admet avoir déjà fait le suivi d'un dossier à la demande de Marc-Yvan Côté, mais dément être intervenu pour faire changer une décision d'Investissement Québec.

« C'est pas des révélations [de la part d'Enquête], c'est des insinuations et des amalgames et des raccourcis dans des e-mails, que je n'ai jamais écrits. [...] On fait des interprétations », s'est-il défendu.

M. Hamad dit être prêt à « collaborer » à d'éventuelles enquêtes du commissaire au lobbyisme et du commissaire à l'éthique et à la déontologie. « Je n'ai aucun problème avec ça », assure-t-il. 

Hamad doit quitter le Conseil des ministres, dit le PQ

« On ne peut pas faire autrement que de conclure qu'il s'agit de révélations troublantes », a commenté Pierre Karl Péladeau en entrevue à Gravel le matin, en soulignant que cette affaire braque de nouveau la lumière sur « le système de financement du PLQ, que nous avons dénoncé ».

Le chef péquiste demande à ce que M. Hamad se retire du Conseil des ministres et du caucus libéral. Le commissaire au lobbyisme et le commissaire à l'éthique et à la déontologie devraient pour leur part se saisir de l'affaire, dit-il, « pour que les Québécois puissent connaître la vérité ».

Selon M. Péladeau, M. Hamad ne peut se défendre en arguant qu'il est normal pour un ministre d'entretenir des relations avec des gens d'affaires. « Il aurait dû se souvenir que Marc-Yvan Côté a été banni à vie du PLC » bien avant la période qui fait l'objet du reportage d'Enquête

Sur Twitter, le leader parlementaire Bernard Drainville avait en outre demandé à l'UPAC de se mêler de cette affaire, « vu le sérieux des révélations ».

« Sam Hamad doit démissionner », estime QS

La CAQ presse aussi le premier ministre Philippe Couillard d'exclure Sam Hamad de son Cabinet jusqu'à ce que la lumière soit faite sur toute cette affaire.

« Les faits rapportés par Radio-Canada sont suffisamment graves et préoccupants pour exiger le retrait de Sam Hamad du Conseil des ministres », estime le porte-parole de la CAQ pour le Conseil du Trésor, Éric Caire.

« Le premier ministre doit faire preuve de leadership et donner l'exemple en matière d'intégrité », a-t-il dit dans un communiqué.

La Coalition avenir Québec rappelle que Marc-Yvan Côté a été banni du Parti libéral du Canada en 2005. Il avait avoué devant la commission Gomery qu'il avait reçu 120 000 $ en argent comptant pour financer illégalement des élections en 1997.

 « Ça n'a pas empêché le Parti libéral du Québec de faire appel à ses services pour du financement jusqu'en 2012 », déplore Éric Caire.

Québec solidaire n'est, de son côté, pas surpris de voir les échanges de courriels entre les deux hommes.

À la lumière des informations de l'émission Enquête, le député Amir Khadir réclame, au nom de son parti, la démission immédiate de Sam Hamad. « Nous sommes devant une violation flagrante de la loi en matière de lobbying et un manquement grave au code d'éthique et de déontologie », écrit-il dans un communiqué.

Québec solidaire entend également porter plainte auprès du commissaire à l'éthique. « Le ministre doit immédiatement démissionner en attendant les résultats des enquêtes », estime Amir Khadir.

Une pétition a également été lancée sur le site Internet du parti.

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