Retour

L'UPA espère un nouveau ministre de l'Agriculture

Le ministre de l'Agriculture du Québec, Pierre Paradis, a fait face à un mur de mécontentement lors de son passage au congrès de l'Union des producteurs agricoles (UPA) jeudi. Parmi les quelques centaines d'agriculteurs présents, certains ont pris le micro pour s'adresser directement à lui.

« Mon ministère de l'Agriculture, je l'accuse d'être responsable de la détresse psychologique en agriculture », a lancé l'un d'entre eux.

Dès l'arrivée du ministre Paradis dans la salle, une dizaine d'acériculteurs ont revêtu des t-shirts l'accusant d'ingérence. D'autres ont brandi des pancartes pour dénoncer les changements au remboursement de taxes foncières et au Programme d'assurance stabilisation des revenus agricoles.

Les membres de l'UPA reprochent à Pierre Paradis de mal les représenter. « Dans ses comportements, par rapport à son arrogance, par rapport à sa façon de détourner les faits ou de les embellir ou de les ramener à sa contribution, on ne peut pas avoir de sentiment de confiance », affirme le président de l'UPA, Marcel Groleau.

Le ministre a menacé de quitter la salle après avoir été interpellé par un acériculteur alors qu'il s'apprêtait à prononcer son discours, mais le président de l'UPA a calmé le jeu. Malgré l'hostilité de la foule, le ministre est ensuite resté pour tenter de répondre aux questions des agriculteurs, sans toutefois réussir à les convaincre.

Les deux parties se livrent à une véritable guerre de chiffres. L'UPA affirme que la majorité de ses membres devra payer des milliers de dollars supplémentaires annuellement, en raison des modifications aux programmes de crédit de taxes foncières agricoles. Le ministre estime plutôt que 300 agriculteurs seront touchés par une hausse de 113 $ par année.

« On parlait deux langues différentes au niveau de la relève agricole il y a deux ans, on parlait deux langues différentes au niveau du sirop d'érable l'année passée, puis on parle deux langues différentes cette année, constate Pierre Paradis. Mais quand je regarde dans le passé, les chiffres du ministère des Finances étaient bons dans le sirop d'érable, bons dans la relève agricole et je n'ai pas de raison de croire qu'ils ne seraient pas bons cette fois-ci. »

Il ajoute qu'un projet de loi est déjà prêt si les prévisions du gouvernement s'avéraient erronées.

Nouveau ministre?

Face à la colère des agriculteurs, le Parti québécois demande la démission de Pierre Paradis. « Le ministre est nuisible à l'agriculture », affirme le député de Berthier André Villeneuve.

Sans aller aussi loin, l'UPA espère tout de même avoir un nouvel interlocuteur au prochain remaniement ministériel. « Le lien de confiance est rompu, le premier ministre doit prendre acte de ça », soutient Marcel Groleau.

Pierre Paradis rejette ces reproches du revers de la main. « Il y a 28 000 entreprises agricoles au Québec, répond-il. Moi, je me promène sur les fermes. Ils ne sont pas tous représentants syndicaux sur les fermes. »

Il affirme avoir fait le ménage dans son ministère, autrefois mal géré selon lui, et avoir réglé la dette de la Financière agricole, qui s'élevait à 500 millions de dollars.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un tsunami de glace sème la panique!





Rabais de la semaine