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L'UPAC demande à nouveau un statut de corps policier

Le commissaire de l'Unité permanente anticorruption, Robert Lafrenière, a clairement indiqué qu'un projet de loi donnant à son organisation le statut de corps policier est essentiel pour lui permettre de mener à bien les enquêtes qui sont en cours.

Un texte de Nicolas Vigneault

Le numéro un de l'UPAC a d'ailleurs confirmé qu'il avait transmis ses recommandations au gouvernement qui planche sur un projet de loi en ce sens. Questionné par le député péquiste Pascal Bérubé lors de l'étude des crédits du ministère de la Sécurité publique, le commissaire de l'UPAC a précisé qu'actuellement son organisation doit se tourner vers la Sûreté du Québec pour obtenir certaines informations contenues dans des banques de données seulement accessibles au service de police.

« Quand on parle du système automatisé de renseignements criminels, le SARC, où tous les corps policiers versent de l'information, le commissaire à la lutte à la corruption n'y a pas accès. Et ça, ce n'est pas normal », souligne M. Lafrenière.

Le commissaire Lafrenière a poursuivi, en affirmant que la nouvelle organisation pourrait très bien fonctionner en ayant des policiers qui lui seraient prêtés par d'autres services de police comme la Sûreté du Québec. Il ne serait toutefois pas question de mettre en place une structure complète ou des escouades spécialisées que l'on retrouve déjà ailleurs.

« Je ne pense pas que ce serait de bien dépenser l'argent des citoyens de faire des filatures avec des équipes sans expérience. J'aime mieux payer en sous-contraction à la Sûreté du Québec ce type de soutien là. »

Commissaire indépendant?

Le député de Matane-Matapédia Pascal Bérubé a indiqué qu'il trouvait malsain le fait que le commissaire de l'UPAC se soit retrouvé en présence de ministres du gouvernement actuel lors de deux événements de presse. Il a ajouté qu'il trouvait particulier de voir M. Lafrenière répondre aux questions lors de l'étude des crédits, alors qu'il est assis à la droite du ministre Martin Coiteux. « L'homme qui est assis à sa droite (M. Lafrenière) enquête potentiellement sur sa propre formation politique », lance M. Bérubé.

Le ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux a aussitôt répliqué en disant que le commissaire était totalement indépendant. « D'insinuer que ça remet en question l'indépendance du commissaire, franchement. C'est un raccourci qui est démagogique », affirme le ministre Coiteux.

Par ailleurs, Robert Lafrenière a confirmé qu'il y avait 30 enquêtes de nature criminelle en cours et 16 pénales. Le commissaire n'a toutefois pas voulu préciser combien de ces enquêtes concernaient du financement politique illégal.

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