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La Caisse estime que le rapport du BAPE sur son train « ignore les faits »

CDPQ Infra estime que le rapport du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) sur son projet de Réseau électrique métropolitain (REM) « ignore les faits » et « déforme la réalité ».

Dans son rapport rendu public le 20 janvier, le BAPE remet en cause le choix d’emprunter en exclusivité le tunnel Mont-Royal. Il recommande par ailleurs de réévaluer l’option de tracé qui passe par le sud de l’île, par l’autoroute 20, au lieu de privilégier celui qui longe la 40.

Or, la filiale de la Caisse de dépôt et placement du Québec estime, dans un communiqué publié lundi, que cette suggestion n’a aucun sens.

En raison des nombreux tunnels requis, la construction de voies dédiées au REM le long de l’autoroute 20 engendrerait des coûts d’immobilisation de 3,5 et de 3,9 milliards de dollars, soit 1 milliard de plus que le tracé suivant l’axe de l’autoroute 40.

Communiqué CDPQ Infra

Terminus de la Rive-Sud

Un autre grief du BAPE concerne l’emplacement choisi du terminus de la Rive-Sud.

Selon CDPQ Infra, ce grief ignore les présentations et les documents déposés par l’organisation et « ne suggère aucune alternative réaliste pour l’emplacement de la station terminale », située à l’intersection des autoroutes 10 et 30.

L'emplacement du terminus de la Rive-Sud est celui qui présente le moins d’impacts physiques, géotechniques et financiers, dit le communiqué de la filiale de la Caisse de dépôt. Déplacer cette station ajouterait des centaines de millions de dollars aux coûts du projet.

« L’empiètement proposé d’environ 30 hectares ne représente que 0,3 % de la superficie agricole de l’agglomération de Longueuil. Le terrain visé n’est pas cultivé depuis 10 ans et est enclavé par le centre commercial DIX30, un poste d’Hydro-Québec et deux autoroutes », explique CDPQ Infra.

Portrait incomplet

La filiale de la Caisse de dépôt soutient que le rapport du BAPE brosse un portrait incomplet et déforme les améliorations qu’offrira le REM aux usagers des réseaux de transport publics.

Le BAPE suggère « [qu’] il n’est pas démontré que l’offre actuelle en services de transport en commun, dans l’Ouest-de-l’Île de Montréal, est insuffisante pour répondre à la demande ».

D'après CDPQ Infra, cette affirmation est impossible à réconcilier avec la réalité des résidents de ce secteur, qui demandent depuis des décennies une optimisation du transport collectif. « Les carences du transport collectif dans l’Ouest-de-l’Île ont été documentées dans plusieurs rapports du gouvernement », soutient la filiale de la Caisse.

Le BAPE a répliqué en fin d'après-midi par communiqué à ceux qui lui reprochent d'avoir outrepassé son mandat. Il a précisé que la question du développement durable touche aussi l’économie et les questions sociales. Il ajoute qu’il a reçu trop tard certains documents de la Caisse, après avoir écrit son rapport. « [P]lusieurs éléments essentiels du projet n’ont pu être analysés par la commission. D’importants documents ont en effet été acheminés à la mi-décembre à la commission après qu’elle eut complété son analyse et terminé la rédaction de son rapport qui a été déposé au ministre le 22 décembre », peut-on lire.

Au moment de la publication du rapport du BAPE, le 20 janvier, le maire de Montréal, Denis Coderre, disait que le REM était « un dossier extraordinaire, qui est important et qui doit se faire rapidement ».

Le ministre des Transports, Laurent Lessard, a dit prendre note des recommandations du BAPE, mais a affirmé du même souffle que le projet du REM ira de l’avant.

Le porte-parole du PQ en matière de transports et d’électrification des transports, Alain Therrien, s'est interrogé sur la rentabilité du REM et s'est demandé s'il n'était pas en voie de devenir une commande politique.

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