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La CAQ et l'immigration : huit questions à François Legault

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a dévoilé mardi ce que serait la politique d'immigration d'un gouvernement caquiste. Cette politique insiste sur trois aspects : la connaissance du français, la compréhension des valeurs québécoises et l'intégration au marché du travail. Il a répondu aux questions de Mathieu Dion.

Mathieu Dion : Que voulez-vous avec un tel programme?

François Legault : D’abord, c'est de reconnaître qu’il y a un problème; 26 % des immigrants quittent le Québec, le taux de chômage pour les immigrants est de 15 % après cinq ans, 59 % des immigrants ne parlent pas français. Donc, il y a un problème d’intégration. Maintenant, on va essayer de le régler. Comment? Temporairement, on veut réduire les seuils de 50 000 à 40 000, avec les mêmes ressources. Deuxièmement, on veut introduire une nouvelle étape, un certificat transitoire qui mènera vers le certificat de sélection. Il y aura trois conditions : réussir un test de français, réussir un test de valeurs et démontrer qu’on a cherché un emploi.

MD : Ce test de valeurs, pourquoi ne pas dire aujourd’hui ce qu’il y aura dedans?

FL : Je ne pense pas que ce soit une bonne idée qu’un parti politique écrive un test des valeurs. Il devrait être fait par le ministère de l’Immigration. Mais, en même temps, les valeurs ce sont celles qui sont dans notre Charte des droits et libertés. Donc, ça veut dire égalité homme-femme, démocratie, laïcité de l’État, les valeurs qu’on partage au Québec.

MD : Qu’arrive-t-il si la personne échoue après la deuxième reprise?

FL : On laisse trois ans pour réussir les examens. On va donner des cours de français gratuits, des cours de citoyenneté pour apprendre nos valeurs. Ce qu’on veut, c’est que tout le monde réussisse. Si la personne ne veut pas apprendre le français, elle n’aura pas son certificat de sélection, donc ne sera jamais citoyenne. Ça devient une personne sans statut. Et c’est au gouvernement fédéral de décider ce qu’il fait avec cette personne.

MD : Que souhaitez-vous que le fédéral fasse alors?

FL : Si cette personne est de mauvaise foi, qu’elle refuse d’apprendre le français, refuse nos valeurs, refuse de chercher un emploi, je ne pense pas que c’est quelqu’un que le gouvernement fédéral va vouloir garder.

MD : Ce que vous souhaitez, c’est qu'à terme cette personne soit expulsée du Québec?

FL : On ne travaillera pas pour ça, pour expulser des gens. Ce qu’on veut, c’est que les gens apprennent le français, apprennent nos valeurs. On leur donne trois ans pour le faire. Actuellement, c’est vrai que les cours de français ne sont pas assez disponibles le soir, la fin de semaine, dans toutes les régions du Québec. On veut donner des cours de français dans des entreprises de 25 à 50 employés, rendre les cours disponibles gratuitement. On ne veut pas garder chez nous trop de personnes qui n’acceptent pas notre langue, nos valeurs et de participer au monde du travail.

MD : Si le gouvernement fédéral dit « on laisse cette personne-là au Québec » et qu'on se retrouve à accumuler beaucoup de gens, qu’arrive-t-il?

FL : Moi, je ne m’attends pas à ce qu’il y ait beaucoup d’immigrants qui arrivent ici, qui veulent venir ici, mais qui disent : « Moi, je ne veux pas m’intégrer ». Je ne peux pas entrevoir qu’il y en ait beaucoup.

MD : Vous coincez le fédéral?

FL : Je ne pense pas. J’espère que le fédéral cherche la même chose que nous. Il y a une entente entre Ottawa et Québec que 60 % (des immigrants) sont sélectionnés par le Québec. Nous on dit, il va y avoir trois conditions pour être sélectionnés par le Québec. Nos conditions n'auront jamais été aussi claires.

MD : Est-ce que l’immigrant est un problème à vos yeux, comme le prétend M. Couillard?

FL : Pas du tout. M. Couillard nie le problème. Il essaie de faire peur aux Québécois. Peur aux nouveaux arrivants. M. Couillard nie la réalité. Actuellement, 59 % des nouveaux arrivants ne parlent pas français. Écoutez, un taux de chômage de 15 % chez les immigrants après cinq ans, comment M. Couillard peut-il dire qu'il n'y a aucun problème?

Nous, ce qu’on dit, c’est qu’avec un gouvernement de la CAQ, on va avoir plus d’immigrants intégrés au marché du travail par année qu’avec le gouvernement libéral. Parce que plutôt que d’en avoir 50 000 puis d’en perdre 20 000, nous, on va en prendre 40 000 puis on va en intégrer 40 000.

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