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La CAQ veut un taux unique pour les taxes scolaires

Si elle est portée au pouvoir en octobre prochain, la Coalition avenir Québec (CAQ) proposera un projet de loi pour harmoniser les taux de taxes scolaires à l'échelle de la province.

Un texte d'Hugo Prévost

La formation politique dirigée par François Legault, qui concluait mardi son caucus présessionnel à Sainte-Adèle, dans les Laurentides, a dévoilé une nouvelle facette de son plan pour obtenir le vote des parents, une clientèle de choix pour le parti, et plus particulièrement dans les couronnes nord et sud de Montréal.

Lors d'un point de presse donné en fin d'avant-midi, M. Legault a affirmé que si son parti formait le gouvernement, le taux de taxation scolaire serait harmonisé et abaissé à 10,54 cents par 100 $ d'évaluation foncière.

Ce faisant, le chef caquiste a voulu s'inscrire en faux contre le projet de loi 166, déposé par le gouvernement libéral avant le congé des Fêtes, qui établit - et réduit - les taux de taxation scolaire en fonction des régions administratives des résidents.

Plus tôt ce matin, en entrevue à Gravel le matin, sur les ondes d'ICI Radio-Canada Première, le chef caquiste avait qualifié ce projet de « broche à foin ».

« Comment le gouvernement libéral peut-il s'attendre à ce que les Québécois acceptent que les taux de taxes soient aussi différents d'une région à l'autre? » a-t-il déclaré à plusieurs reprises, évoquant fréquemment l'« iniquité » du projet de loi 166.

M. Legault a d'ailleurs estimé que la proposition caquiste « sera probablement copiée par le gouvernement libéral ».

Piger dans les surplus

Concrètement, a dit M. Legault, cette mesure coûtera 1,370 milliard de dollars sur la durée d'un premier mandat caquiste. Son gouvernement commencerait par appliquer la réduction avancée dans le projet de loi libéral, évaluée à 670 millions de dollars, avant d'abaisser progressivement les taux et de les uniformiser à la grandeur de la province, ce qui ajoutera 700 millions de dollars à la facture.

Une facture, en effet, puisque le chef caquiste a martelé qu'il maintiendrait, voire augmenterait les services offerts aux élèves, en ajoutant par exemple « une heure par jour aux élèves du secondaire pour de l'aide aux devoirs, pour le sport et pour les arts », et en offrant des classes de maternelle pour tous les enfants de 4 ans.

Ce serait donc au gouvernement de combler le manque à gagner des commissions scolaires pour maintenir les budgets en matière d'éducation.

Et cet argent, François Legault veut surtout le prendre dans les excédents budgétaires; l'an passé, a-t-il dit, le gouvernement libéral a annoncé un surplus de 2,5 milliards de dollars. Voilà donc ce qui paierait pour la baisse des taxes scolaires.

Qu'en est-il, alors, de l'aspect souvent temporaire de ces surplus? « Il y a des économies à réaliser du côté de l'informatique », avance M. Legault. Au-delà de cette option, le chef caquiste promet un « plan pour alimenter la croissance économique ». Plan qui doit être dévoilé « dans les prochains mois ».

« Nos adversaires veulent que nous choisissions entre l'amélioration des services en éducation et la réduction du fardeau fiscal », a-t-il ajouté.

Une égalité biaisée?

Toujours lors du point de presse, M. Legault s'est retrouvé pris à partie par plusieurs journalistes, qui lui ont rappelé que l'existence de divers taux de taxation scolaire au Québec s'explique par la différence entre les évaluations foncières des villes.

Mais pour le chef caquiste, rien n'y fait : il est « inéquitable » de demander à un propriétaire d'une maison à Montréal, ou en banlieue, de payer davantage de taxes scolaires qu'une personne possédant une maison de même valeur en Gaspésie, par exemple.

Irresponsable, rétorque Lisée

En point de presse donné mardi en fin d'après-midi, le chef du Parti québécois a vivement dénoncé cette idée de réduction des taxes scolaires par un éventuel gouvernement caquiste.

« François Legault a fait exactement ce qu'il ne faut pas faire si on a à coeur les services aux élèves et l'éducation », a ainsi lancé Jean-François Lisée, avant de soutenir que le chef caquiste « ignorait comment financer » ces baisses de taxes supplémentaires de 700 millions de dollars.

Aux yeux de M. Lisée, cette baisse de taxes est en fait l'annonce de compressions d'une valeur équivalente dans le budget du ministère de l'Éducation.

« Nous, nous ne ferons pas de folies comme cela », a poursuivi le chef péquiste, en dénonçant le « régime permanent » auquel la CAQ et le Parti libéral voudraient, selon lui, astreindre la population.

« Être toujours au régime, c'est mauvais pour la santé », a ajouté M. Lisée.

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