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La commissaire aux langues officielles fustigée au Nouveau-Brunswick

La commissaire aux langues officielles du N.-B., Katherine d'Entremont, est la cible de nouvelles critiques pour la façon dont elle a traité l'affaire d'un commissionnaire unilingue anglophone dont les heures de travail ont été réduites, après une enquête qu'elle a menée. Certains demandent même sa démission.

Le commissionnaire en question, Wayne Grant, remplaçait un collègue le 6 mai dernier à l'entrée de la Place Chancery, à Fredericton, un édifice qui abrite des ministères gouvernementaux et le bureau du premier ministre. Une femme s'est approchée et s'est adressée à lui en français, mais lorsque M. Grant lui a répondu qu'il n'était pas bilingue, elle a poursuivi en anglais.

Katherine d'Entremont a par la suite expédié une lettre au ministère des Transports et des Infrastructures, chargé de l'embauche des commissionnaires, où elle faisait référence à « un(e) plaignant(e) » qui n'avait pas reçu de service en français le 6 mai. À quelques mois de sa retraite, Wayne Grant a été affecté à d'autres endroits à la demande du gouvernement provincial et ses heures de travail ont diminué. 

Un feu nourri de critiques

Le ministre responsable des langues officielles, Donald Arseneault, disait lundi trouver « étrange » que Mme d'Entremont ait laissé entendre dans sa lettre que la plainte venait d'une tierce personne, alors ce n'était pas le cas. Elle a lancé une enquête de sa propre initiative, ce que lui permet d'ailleurs la loi.

Il en a rajouté mardi en reprochant à la commissaire d'avoir manqué de délicatesse. Il a soulevé un autre exemple où Mme d'Entremont avait critiqué la Ville de Miramichi pour ne pas avoir atteint les exigences en matière de langues officielles. 

« Elle aurait dû féliciter la ville pour ses progrès plutôt que de critiquer le fait qu'elle n'avait pas encore atteint les objectifs », dit-il.

L'Opposition officielle à Fredericton a émis une déclaration dans laquelle elle se dit « préoccupée par les reportages sujet de la commissaire aux langues officielles et le ministère des Transports et de l'Infrastructure, à propos du traitement réservé à un employé sous contrat. »

On ajoute dans la déclaration que « nous demandons au ministre Melanson, à titre de ministre des Transports et de l'Infrastructure, de rétablir publiquement et sans délai le statut de l'employé en question. Il doit retrouver ses heures de travail à l'endroit où il travaillait avant que la question de la commissaire aux langues officielles soit soulevée. Nous suggérons également que le gouvernement fasse des excuses publiques à cet employé. »

Le chef de l'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick, Kris Austin demande la démission de Katherine d'Entremont.

« Elle n'a pas agi de bonne foi. Ce qu'elle a fait est très décevant », a-t-il déploré.

Pour sa part, le NPD réclame des changements, à la suite de cette affaire : d'abord, que les employés ne soient pas sanctionnés avant la fin d'une enquête sur une supposée faute et, dans le cas précis de M. Grant, qu'on tienne compte du fait qu'il s'acquittait d'une tâche à laquelle il avait été affecté.

« En attendant que les détails entourant ce cas soient examinés, l'employé en question devrait être réintégré », déclare Charles Doucet, le président du NPD, par voie de communiqué.

Le NPD estime d'autre part que Katherine d'Entremont n'aurait pas dû mener une enquête sur des faits qu'elle avait elle-même constatés, puisqu'elle agissait ainsi comme juge et jury en quelque sorte.

Les faits

Wayne Grant, le commissionnaire de 64 ans, planifiait de prendre sa retraite en avril 2016.

Il souligne qu'il ferait appel à un collègue bilingue si c'était à refaire, en parlant de son contact avec la femme qui s'est adressée à lui en français à la Place Chancery en mai dernier.

« C'est la procédure d'aviser la personne que vous n'êtes pas bilingue et que vous allez fournir un interprète francophone pour elle », a déclaré Wayne Grant.

La commissaire refuse systématiquement toute demande d'entrevue sur cette affaire, depuis l'incident du 6 mai. 

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