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La commission des normes du travail interviendra dans le dossier de l'Église de scientologie

L'Église de scientologie devra répondre aux questions de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) à la suite des révélations de Radio-Canada sur les maigres salaires que reçoivent les membres de son personnel.

Par Gaétan Pouliot d’Enquête

« La CNESST va intervenir, a indiqué Geneviève Trudel, porte-parole de l’organisme responsable du respect de la Loi sur les normes du travail au Québec. Toutefois, les modalités de cette intervention ne seront pas divulguées « de manière à ne pas compromettre celle-ci », a-t-elle ajouté.

La veille, la ministre responsable du Travail, Dominique Vien, s’est dite préoccupée par les révélations d’Enquête. « J’ai demandé à la CNESST d’aller vérifier ce qui se passe là-bas [...] Quand on aura du nouveau, on vous le fera savoir », a-t-elle dit, dans les corridors de l’Assemblée nationale.

Des membres de l'Église de scientologie de Québec reçoivent de maigres salaires sous prétexte qu'ils sont des « travailleurs religieux », a révélé Radio-Canada, avec un talon de paye à l’appui. Ce statut, inexistant au Québec, ouvre la porte à un système de rémunération en infraction avec la loi.

Par exemple, un membre du personnel aurait travaillé près de 40 heures au cours d’une semaine pour un salaire de 70 $, c’est-à-dire moins de 2  $ l’heure.

L’Église de scientologie de Québec n’a pas voulu répondre aux questions sur le salaire minimum.

Par courriel, elle a indiqué que les membres de son personnel n’étaient pas des « employés », mais des « travailleurs religieux ». « Ils contribuent volontairement aux activités de l'Église et ses buts humanitaires. Ils ne travaillent pas pour un gain monétaire, mais pour aider les autres », écrit Michelle Lacombe, directrice des affaires publiques de l’organisation.

Le PQ demande une enquête

Qualifiant les révélations « d’inacceptables » et de « troublantes », la députée péquiste Agnès Maltais a pour sa part demandé mercredi qu’une enquête en bonne et due forme soit déclenchée par la CNESST.

« On ne peut pas se soustraire des lois québécoises sous couvert de liberté de religion », dit la députée de Taschereau, circonscription où l’on retrouve les locaux de l’Église de scientologie de Québec. La députée Maltais a déposé cette semaine une pétition de 2570 noms qui réclame qu’une commission parlementaire se penche sur les pratiques des « groupes à dérive sectaire ».

Au Québec, l’Église de scientologie a des bureaux dans les villes de Québec et de Montréal. Elle est aussi présente ailleurs au pays et dans le monde.

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