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La conservatrice Karen Vecchio présidera le comité parlementaire de la condition féminine

Les conservateurs cèdent devant l'insistance des libéraux et des néo-démocrates et acceptent qu'une des leurs, qui ne s'oppose pas au droit à l'avortement, préside le comité parlementaire de la condition féminine.

La semaine dernière, malgré un boycott des libéraux et des néo-démocrates du comité, le chef conservateur Andrew Scheer avait maintenu la candidature de sa députée Rachael Harder qui, tout comme lui, s'oppose au droit des femmes à l'avortement.

Les règles veulent que ce soit l'opposition officielle qui préside ce comité parlementaire.

Mardi matin, une semaine après leur premier coup d'éclat, libéraux et néo-démocrates ont changé de tactique. Comme ils sont majoritaires, ils ont voté contre l'élection de Mme Harder. Puis ils ont nommé, malgré elle, une autre élue conservatrice, Karen Vecchio. Ils l'ont élue présidente alors qu'elle-même votait contre sa propre candidature.

En début d'après-midi, les conservateurs baissaient les bras, non sans envoyer une dernière salve. « Les conservateurs acceptent la volonté démocratique du comité et, contrairement à Justin Trudeau, nous nous engageons à travailler au nom de toutes les femmes du Canada, peu importe, leurs convictions », ont déclaré, dans un communiqué signé conjointement, Mmes Harder et Vecchio.

Mme Harder demeure la porte-parole de son parti en matière de condition féminine. Selon le site Campaign Life Coalition, un groupe qui s'oppose au droit à l'avortement, les votes passés de Mme Vecchio l'identifient comme étant « en faveur de l'euthanasie », « en faveur de l'idéologie transgenre » et « d'opinion inconnue sur l'avortement ».

Celles qui ont mené cette petite guerre sont convaincues que les travaux du comité ne souffriront pas de cette embrouille. « Absolument que nous pouvons encore fonctionner », a assuré Pam Damoff, la vice-présidente libérale du comité, en entrevue téléphonique après les événements du matin.

« Et je suis heureuse d'apprendre que le chef de l'opposition a choisi quelqu'un qui est plus représentatif des opinions de tous les Canadiens », a-t-elle ajouté, omettant le fait que les efforts libéraux et néo-démocrates ont forcé la main de M. Scheer.

« C'est dommage que les libéraux aient eu à utiliser la manière forte. Ç'aurait été bien mieux si les conservateurs avaient fait ce que je leur demandais et s'ils avaient choisi eux-mêmes quelqu'un de raisonnable », a déclaré sa consoeur néo-démocrate Sheila Malcolmson à son arrivée aux Communes, en après-midi.

Mais la députée néo-démocrate croit elle aussi que le comité fonctionnera sans problème. Il reprend ses travaux jeudi.

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