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La course à la direction du Parti conservateur peine à attirer des candidats vedettes

La course à la direction du Parti conservateur, qui n'a attiré aucun candidat vedette, est pour l'instant demeurée discrète, sans grand coup d'éclat. Mais l'affrontement a tout de même le potentiel de diviser le parti, notamment sur la question de l'immigration.

Une analyse de Raphaël Bouvier-Auclair

La rencontre du caucus du Parti conservateur, qui se déroule cette semaine à Halifax, sera entre autres l'occasion de faire le point sur cette course à la succession de Stephen Harper.

Maxime Bernier, Kellie Leitch, Michael Chong, Tony Clement, Deepak Ohbrai, Brad Trost : la liste de candidats déclarés est déjà longue.

Et avec l'intérêt d'autres membres du caucus conservateur, comme Lisa Raitt, Andrew Scheer et peut-être même Steven Blaney, elle pourrait s'allonger davantage au cours des prochaines semaines.

Pourtant, aucun des prétendants dont les noms circulaient dès le soir de la défaite électorale d'octobre 2015 n'est sur la ligne de départ.

L'ancien ministre de la Justice Peter MacKay, par exemple, ne semble pas pressé de sauter dans la mêlée.

Quand vient le temps de commenter une éventuelle candidature, des raisons familiales sont souvent invoquées pour expliquer pourquoi il ne serait pas de la course.

Puis il y a Jason Kenney, ancien ministre de la Défense et de l'Immigration, connu pour avoir rapproché les conservateurs des communautés culturelles. Le député albertain a tout simplement choisi de ne pas remplacer Stephen Harper.

Il a préféré jouer le tout pour le tout et se lancer dans l'arène albertaine pour espérer y unifier la droite : une première étape dans sa volonté de déloger du pouvoir le NPD de Rachel Notley en 2019.

Un paysage politique peu attrayant

Le grand défi qu'a choisi de relever Jason Kenney dans sa province natale montre bien que, pour certains, le paysage politique fédéral semble peu reluisant en ce moment.

Il y a évidemment l'indéniable popularité de Justin Trudeau. Beaucoup, comme le député Gérard Deltell, vous diront que cela ne veut rien dire, qu'en politique le vent peut vite tourner.

Mais loin des micros, certains conservateurs admettent que les choses s'annoncent déjà complexes pour 2019. Et ce n'est pas seulement à cause du gouvernement Trudeau.

Le NPD, aussi loin idéologiquement est-il, a souvent été bien vu des conservateurs, qui le voyait comme un moyen de diviser le vote de centre-gauche. Or, sans chef, et sans candidat motivé à prendre la place de Thomas Mulcair, les perspectives électorales du parti semblent bien incertaines. Un levier de moins donc pour aider l'ancien parti de Stephen Harper.

C'est cet horizon politique peu attrayant, confient certains conservateurs, qui pourrait pousser les candidats vedettes à attendre après le prochain scrutin pour briguer la direction de leur parti.

Qui sont les candidats déclarés?

Les risques de dérapage

Pour les conservateurs, le but de l'exercice est aussi de se renouveler, de changer d'image après 10 ans au pouvoir sous la gouverne de Stephen Harper.

Les membres ont déjà entamé l'exercice lors du congrès de Vancouver en mai. Ils avaient alors accepté de s'ouvrir officiellement à la reconnaissance du mariage entre conjoints de même sexe.

Mais au-delà de l'exercice de renouveau, cette course à la direction offre déjà d'importantes perspectives de divisions profondes, surtout que le Parti conservateur est une coalition formée de divers courants issus du Parti progressiste-conservateur et de l'Alliance canadienne.

Exemple de ces risques de divisions : les réactions à la proposition de la candidate Keillie Leitch de faire passer un test de valeurs canadiennes aux nouveaux arrivants.

Elle a été rapidement rabrouée par ses adversaires Maxime Bernier et Michael Chong. Même la chef intérimaire, Rona Ambrose, qui ne doit théoriquement pas se mêler de la course à la direction, a critiqué cette proposition.

Il est là tout le défi des prochains mois : éviter que certaines propositions controversées de candidats soient de facto associées à l'ensemble du parti et permettent aux adversaires politiques d'attaquer les conservateurs, par exemple en les comparant à Donald Trump.

Éviter également que certaines de ces propositions ne détournent l'attention des enjeux sur lesquels les troupes conservatrices entendent attaquer le gouvernement libéral cet automne, soit la gestion de l'économie, les missions de paix et la réforme du mode de scrutin.

C'est avec cette réalité que devront composer les députés conservateurs pour encore huit mois pendant une course qui, comme l'explique le député Gérard Deltell, a davantage des airs de marathon.

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