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La course à la direction vole la vedette au chef intérimaire du PQ

À la réunion du caucus du Parti québécois, mardi, les députés ont accueilli leur chef intérimaire par des applaudissements nourris. Mais l'effervescence autour de Sylvain Gaudreault a vite cédé le pas à l'incertitude.

C'est qu'il faut un successeur à la direction de ce parti soudainement délaissée, il y a huit jours, par Pierre Karl Péladeau. Et nul doute qu'en ce premier jour de la 41e législature, c'est la course à la direction du PQ qui occupait les esprits.

Aux journalistes réunis pour son point de presse, Sylvain Gaudreault a déclaré qu'il s'attendait à de la rigueur de la part de ses troupes. « Toute l'équipe doit faire la démonstration que le PQ est l'opposition officielle », a-t-il dit.

Aux yeux du chef par intérim, cette course à la direction doit se faire dans l'équité et dans l'égalité. Et surtout, elle ne doit pas venir embrouiller le travail d'opposition officielle « qui est notre priorité », a précisé le député de Jonquière, désigné chef intérimaire du PQ vendredi dernier.

Jusqu'ici, seule Véronique Hivon a véritablement annoncé ses couleurs : la députée de Joliette dit qu'elle souhaite prendre la tête d'un « Parti québécois réinventé et résolument tourné vers l'avenir ».

Des sources ont confirmé à Radio-Canada que le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, annoncera vendredi à Alma qu'il se lancera dans la course à la direction du PQ.

Plus tôt, mardi, M. Cloutier avait rappelé que son intérêt pour le poste de chef n'était pas une surprise, lui qui était arrivé bon deuxième derrière Pierre Karl Péladeau l'an dernier.

Et, comme s'il lançait un appel de phares à son collègue Jean-François Lisée, Alexandre Cloutier a reconnu les talents de ce dernier, tout en suggérant que le député de Rosemont pourrait aussi occuper une autre fonction que celle de chef.

« La contribution de Jean-François Lisée est importante, a dit Alexandre Cloutier. Il a tous les talents pour être candidat. »

M. Cloutier a vanté les qualités d'analyse et de rédaction de son collègue, précisant qu'il l'accueillerait dans son équipe s'il prenait la décision de ne pas se lancer dans la course.

Dans les couloirs de l'Assemblée nationale, mardi, les Martine Ouellet, Nicolas Marceau et Jean-François Lisée ont tenu à dire où ils en étaient dans leur réflexion.

« J'ai rencontré mon exécutif dans Rosemont et on songe à une candidature », a indiqué Jean-François Lisée, rappelant qu'il avait été un des architectes du référendum de 1995 et qu'il avait conseillé deux premiers ministres.

Il veut toutefois apporter quelque chose au débat et il n'entend pas se présenter seulement pour « le plaisir de débattre avec des gens de qualité ».

Bien qu'indécise, Martine Ouellet fait connaître certaines positions

La députée de Vachon, Martine Ouellet, a promis qu'elle ferait connaître sa décision sous peu.

Ce qui ne l'a pas empêchée de se positionner sur plusieurs enjeux, dont l'exploitation des hydrocarbures à l'île d'Anticosti. Sans s'opposer directement au projet, Martine Ouellet estime qu'il ne serait pas rentable économiquement.

Ce à quoi Sylvain Gaudreault a répliqué que, dans le contexte d'une course à la direction, « des candidats potentiels veulent faire des déclarations, ça fait partie du débat ».

Mais en ce qui a trait à Anticosti, le chef intérimaire a déclaré : « nous devons respecter le contrat et nous allons continuer à être d'accord avec ça ».

Rappelons que c'est en février 2014, deux mois avant d'être défait lors des élections générales, que le gouvernement de Pauline Marois avait conclu des partenariats avec trois entreprises, dont Pétrolia, pour faire de l'exploration à l'île d'Anticosti, afin d'en confirmer le potentiel pétrolier.

Discussions autour d'une démarche référendaire

Martine Ouellet a par ailleurs lancé une flèche à Véronique Hivon, qui affirmait lundi ne pas vouloir parler de mécanique référendaire. « Il ne faut pas dénigrer la question de la mécanique, a déclaré Martine Ouellet, [...] ce sont des questions qui sont importantes et moi je pense que ça prend une vision claire sur le côté indépendance. »

Mardi, Véronique Hivon est revenue sur cette question. « Moi je veux donner une chance à la convergence », a-t-elle exprimé durant une mêlée de presse en évoquant la possibilité que les partis souverainistes aient « une approche commune, une démarche commune, un plan d'accession à l'indépendance commun ».

De son côté, Alexandre Cloutier estime qu'il est inévitable de parler de mécanique référendaire durant une course à la direction du PQ. Selon lui, les chefs potentiels « doivent exprimer de quelle façon ils veulent rénover notre formation politique, en quoi leur candidature amène une originalité ».

M. Cloutier a reconnu que l'échéancier d'un référendum sur la souveraineté est un élément délicat dans le parcours des candidats. « Mais je suis persuadé que personne ne remettra en question notre article 1, qui est de faire du Québec un pays », affirme Alexandre Cloutier.

Nicolas Marceau privilégie l'économie

De son côté, Nicolas Marceau a confié qu'il songeait également à se lancer dans la course, mais qu'il étudiait également « d'autres options ». M. Marceau, qui a été ministre des Finances et de l'Économie de septembre 2012 à avril 2014, précise qu'il a fait partie de plusieurs équipes et que les enjeux économiques de la province sont importants.

Le député de Rousseau a souligné ses compétences économiques en précisant que plusieurs Québécois peinaient à boucler leurs fins de mois, ployant sous le poids du fardeau fiscal. L'économiste laisse ainsi entrevoir qu'il pourrait militer pour un allègement de ce fardeau.

Relativement à la « mécanique référendaire », Nicolas Marceau pense « que ça prend de la clarté absolument ».

« Si je me présente, je vais vous donner un chemin très clair », a-t-il assuré.

Questionné par les journalistes sur le positionnement que semble vouloir prendre Martine Ouellet sur les questions d'économie, Nicolas Marceau s'est montré prudent et un tantinet narquois. « Je laisse ça à votre appréciation, a-t-il avancé. Je pense que c'est une personne qui a contribué beaucoup au débat sur l'environnement. Pour moi, c'est une nouveauté qu'elle se mette à parler plus d'économie. »

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