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La création artistique québécoise est désavantagée en ligne, dénonce le PQ

Les plateformes numériques de distribution et de diffusion désavantagent les artistes québécois au point que ces derniers « ont des problèmes de survie », affirme le Parti québécois (PQ), qui a présenté vendredi des propositions pour corriger le tir.

Un texte d'Anne Marie Lecomte

Le chef de l'opposition officielle, Jean-François Lisée, et la députée Martine Ouellet, responsable du dossier de la culture au sein du PQ, ont révélé ces propositions au lendemain de l'adoption unanime, par l'Assemblée nationale, d'une motion d'appui à l'ADISQ et aux artistes québécois en musique, en cinéma ou en littérature.

Martine Ouellet souligne que les artistes du Québec accusent des baisses de revenu extrêmement importantes. En musique, notamment, ils vendent moins d'albums, tant en magasin qu'en ligne, et parce que les réseaux de musique en continu leur procurent « des revenus ridicules ».

Netflix, iTunes et Google Play mènent le bal

Aux yeux du PQ, « la législation est en retard » pour faire face à ces nouvelles technologies.

Les Netflix, iTunes, Google Play et autres géants de la diffusion en continu ne mettent pas suffisamment en évidence les créations du Québec, affirment Martine Ouellet et Jean-François Lisée.

Selon eux, tant les sites de vente en ligne que ceux qui permettent la diffusion en continu doivent offrir à leurs clients, au Québec, des pages d'accueil spécifiques présentant au moins 70 % de créations québécoises, dont 65 % francophones.

De la sorte, l'offre serait représentative de la réalité culturelle québécoise, fait valoir M. Lisée. En guise d'exemple, il fait le parallèle avec les quotas de musique francophone imposés à la radio.

Le chef de l'opposition précise qu'il ne s'agit pas de contrôler le contenu de l'offre des Netflix et compagnie, mais bien sa présentation.

Un problème d'offre, pas de demande

« La musique québécoise est une partie essentielle de nos vies [...] mais elle a des problèmes de survie à cause des modes de distribution », dit M. Lisée. Ce dernier explique que la moitié des achats des consommateurs québécois « dans ce qui reste de magasins de disques » sont composés de musique francophone québécoise.

Mais lorsque ces mêmes consommateurs choisissent de la musique sur les plateformes numériques, cette proportion chute à moins de 15 %.

« C'est parce que l'offre qui lui est donnée dans la vitrine est, de façon non prédominante, non francophone et non québécoise », dit Jean-François Lisée.

Récupérer la TVQ

Le PQ propose aussi d'assujettir les plateformes numériques de distribution et de diffusion à la taxe de vente du Québec (TVQ). Jean-François Lisée évalue à 7 millions de dollars par année les pertes enregistrées par Québec en TVQ non perçue auprès du seul géant Netflix.

Par législation, affirme le chef péquiste, le Québec peut imposer cette façon de faire même si le siège social et les serveurs de ces entreprises ne sont pas au Québec.

M. Lisée affirme que ces sommes ainsi récupérées en taxes seraient redistribuées aux créateurs québécois. Le PQ dit être en pourparlers avec la Guilde des musiciens, l'Union des artistes et l'ADISQ à ce sujet.

Le Québec doit faire preuve d'audace

De l'avis de M. Lisée, les gouvernements québécois et canadien abordent de manière « timide » ces dossiers, alors qu'ils devraient faire preuve d'audace. Les règles du jeu peuvent être changées au plan législatif, ou réglementaire, ou encore par négociations, dit-il.

Et à ceux qui pourraient être tentés de baisser les bras devant pareille bataille, Martine Ouellet et Jean-François Lisée rappellent les bons coups de leurs prédécesseurs, soit Gérald Godin et Louise Beaudoin.

Le premier avait obtenu avec succès des majors américains qu'ils sortent simultanément les versions anglaise et française de leurs films. La seconde avait modifié, en 1997, la Charte de la langue française de sorte que les logiciels soient offerts en français au même moment qu'en anglais.

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