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La droite albertaine, divisée sur les valeurs

La campagne pour unifier la droite albertaine devient concrète avec le lancement officiel samedi de la course à la direction du Parti progressiste-conservateur (PPC), mais les partis de droite provinciaux sont loin d'être prêts à former un seul parti, selon des experts. 

Jason Kenney, candidat à la chefferie du PPC, affirme que si les conservateurs étaient réunis sous une même bannière, ils pourraient remporter les prochaines élections.

« Il mise sur une entente entre ceux qui sont partisans de la libre entreprise, mais cela risque de ne pas être suffisant », selon le politologue Frédéric Boily, de l'Université de l'Alberta. La notion de libre entreprise cache mal les divisions profondes de la droite, explique le politologue, puisque les plus centristes tiennent une longue liste de sujets de discordes, notamment sur les questions de société.

Quand Jason Kenney se prononce pour un compromis avec les écoles réticentes à adopter des politiques sur la diversité sexuelle, « il a tort », tranche le stratège politique et directeur de campagne Stephen Carter, un conservateur plutôt centriste.

Jason Kenney avait évoqué à la mi-septembre qu'il était favorable à ce que le gouvernement en vienne plutôt à un compromis avec les écoles qui refusent les alliances gais-hétéros plutôt que de les obliger à les accepter telles quelles.

Des désaccords similaires existent sur le déficit et la dette, dont les plus conservateurs ne veulent pas entendre parler, ou encore sur la nouvelle taxe sur le carbone. Sur les questions fiscales, les plus à droite refusent par principe les déficits et le recours à la dette. Les plus centristes, eux, sont prêts à accepter un déficit quand c'est pour financer des programmes importants, ou des infrastructures.

« Nous avons besoin d'écoles et d'hôpitaux aujourd'hui, pas dans 30 ans, alors que le Wildrose et ceux qui veulent unir la droite ont une façon un peu trop simpliste d'aborder ces sujets », explique l'ancien vice-premier ministre conservateur Thomas Lukaszuk.

Un autre dossier difficile au sein de la droite albertaine est celui de l'environnement. Un élément non priorisé par la droite et qui suscite la désapprobation des plus centristes. 

Thomas Lukaszuk et Stephen Carter s'entendent tous les deux pour dire que l'union de la droite n'aura pas lieu selon eux.  « Si les partis de droite avaient été en mesure de faire des compromis, ils l'auraient fait il y a des années », ajoute Thomas Lukaszuk. 

Les candidats à la tête du PPC commenceront à dialoguer à l'occasion du premier débat qui se tiendra samedi à Lethbridge.

D'après un reportage de Laurent Pirot

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