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La FAE se retire des négociations en éducation

La Fédération autonome de l'enseignement (FAE) suspend les négociations avec le gouvernement Couillard en signe de protestation contre l'absence d'avancées tangibles et l'entêtement de Québec à mettre en avant les impératifs financiers.

La FAE rencontrera la semaine prochaine le ministre de l'Éducation, François Blais, pour tenter de débloquer la situation, mais, auparavant, elle consultera lundi les représentants de ses huit syndicats affiliés pour décider « des gestes que Philippe Couillard nous force à poser », a précisé Sylvain Mallette, président de la FAE.

Tout en se disant prêt à retourner à la table des négociations pour trouver un règlement qui satisfasse les deux parties, M. Mallette prévient le premier ministre Couillard qu'il a devant lui « des gens plus obstinés que lui-même ». 

Contre l'approche à coût nul du gouvernement

La FAE déplore « l'obsession de l'austérité » de Québec et constate que le « gouvernement ne s'inscrit toujours pas dans une logique de négociation qui permettrait de régler les problèmes criants dans les écoles publiques ».

Elle dénonce l'attitude du gouvernement qui veut en arriver à un règlement à coût nul, « un scénario complètement irréaliste aux yeux du personnel enseignant ».

L'organisation syndicale reproche à la partie patronale d'opposer aux revendications des enseignants des justifications financières. « Le gouvernement s'inscrit dans une logique de négociation à coût nul et de réallocation des ressources. On veut déshabiller certains profs pour en habiller d'autres et appliquer la même logique aux élèves. Les écoles publiques du Québec ont besoin d'un réinvestissement massif », fait remarquer Martin Lauzon, vice-président aux relations du travail à la FAE.

« Ce qui est maladroit, c'est d'associer l'éducation à une dépense et non à un investissement », souligne M. Lauzon, en référence aux déclarations du ministre Blais qui trouve « maladroit » de réinvestir maintenant en éducation.

Québec ne sort pas de son cadre financier

Le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux, a minimisé le retrait de la FAE, y voyant plutôt un moment d'arrêt dans l'attente des offres que le gouvernement compte présenter prochainement. Il a précisé au passage que la Fédération autonome de l'enseignement n'est pas la seule à représenter les professionnels de l'éducation, puisque la CSQ en compte beaucoup plus.

Pour le reste, M. Coiteux campe sur ses positions, refusant d'engager de nouvelles dépenses dans un contexte de rigueur budgétaire.

La solution en pareilles circonstances, a répété Martin Coiteux, est de réallouer les ressources aux bons endroits. « Nous, ce qu'on a proposé, ce n'est pas de hausser les ratios pour l'ensemble des classes, c'est d'utiliser les sommes que nous investissons dans les ratios pour les allouer là où ça va faire la plus grande différence en terme de réussite scolaire, en terme d'aide aux enseignants qui ont véritablement des élèves en difficulté dans les classes », a souligné le président du Conseil du Trésor.

Auparavant, le ministre Blais a rappelé à la FAE que « c'est aux tables de négociations que les enjeux vont se régler » et a souhaité poursuivre les pourparlers « afin d'en arriver le plus rapidement possible à une entente ».

Le ministre de l'Éducation a lui aussi noté que « cette entente doit cependant prendre en compte la capacité de payer des contribuables ».

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