Manque d'intérêt, manque de temps, indécision, insatisfaction vis-à-vis la classe politique ne sont que quelques raisons soulevées par les Ottaviens pour justifier leur manque d'intérêt envers la campagne électorale provinciale. La lassitude des électeurs en pousserait certains à ne même pas voter.

Après cinq jours de campagne électorale et deux débats entre les trois principaux chefs de parti, l’engouement autour des élections ontariennes ne semble pas s’être emparé des Ottaviens.

« Je suis retraité et je n’ai pas le temps », soulève Paul Carrière.

« Ce n’est pas très haut sur ma liste [de priorités] », indique Monique Ouellet, dont le fils, ironiquement, étudie actuellement le fonctionnement du Parlement.

Le manque d’intérêt de plusieurs électeurs pourrait s’expliquer notamment par l’omniprésence dans l’actualité de l’affaire Patrick Brown, une saga autour d’allégations sexuelles qui donne l’impression que la campagne est entamée depuis longtemps, avance la professeure en études politiques à l’Université d’Ottawa, Geneviève Tellier.

« Il y a les élections à date fixe, alors les partis politiques se préparent depuis longtemps. Ça ne fait pas juste commencer, ça fait plusieurs semaines qu’on en parle, alors il y a peut-être une certaine lassitude qui s’est installée », souligne-t-elle.

La participation remise en question

L’état d’esprit actuel de l’électorat, s’il devait être généralisé, pourrait se refléter sur les taux de participation.

Entre l’usure du pouvoir que semblent éprouver les libéraux après 15 ans à la tête de la province, l’impopularité dans les sondages de la première ministre Kathleen Wynne et les nombreuses comparaisons entre Doug Ford et Donald Trump, le manque d’options semble décourager les électeurs.

« Je sais que c’est vraiment important que je place mon vote, mais je ne sais pas où aller », raconte Sarah Morin. « Je n’ai aucune idée. C’est la première fois dans ma vie! »

Même si certains évoquent la possibilité d'une percée du NPD, rares sont ceux qui semblent voir la néodémocrate Andrea Horwath comme une alternative plausible dans les rues d’Ottawa.

« Que [le vote néodémocrate] ne soit pas une option à Ottawa, ça ne me surprend pas vraiment, parce que c'est vraiment la course entre les conservateurs et les libéraux », commente Mme Tellier. « Les néodémocrates ont eu beaucoup de difficulté à percer ici. »

Avec les informations de Jacaudrey Charbonneau

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