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La Francophonie veut jouer un plus grand rôle dans le monde

Un virage qui ne devrait pas surprendre, dans la mesure où Michaëlle Jean a fait campagne sur ces thèmes dans la course qui l'a menée à succéder au Sénégalais Abdou Diouf en janvier 2015.

« Sur la question sécuritaire, nous, avec 80 États et gouvernements sur les cinq continents, nous pouvons témoigner de l'état du monde », explique-t-elle en entrevue à l'émission Les coulisses du pouvoir, qui l'a justement rencontrée au siège des Nations Unies à New York où elle prenait la parole devant le Conseil de sécurité.

La Francophonie se trouve aussi au coeur de la crise migratoire qui secoue l'Europe, rappelle Michaëlle Jean.

Nous sommes à la fois des pays de départ, de transit, de destination et d'accueil. Cette question nous traverse de plein front.

Michaëlle Jean, secrétaire générale de l'OIF

Aux perspectives d'avenir sombres qui poussent des milliers d'Africains à risquer leur vie en traversant la Méditerranée sur des bateaux de fortune, l'OIF réplique avec des programmes à vocation économique pour stimuler la création de petites entreprises.

« Quand on investit dans des initiatives économiques qui sont portées par des jeunes et des femmes, cela a un impact direct sur la courbe de croissance des pays, on voit le PIB augmenter », indique Mme Jean.

Le 16e sommet francophone, qui se tiendra à Antananarivo les 26 et 27 novembre, aura d'ailleurs pour thème « Croissance partagée et développement responsable : les conditions de la stabilité du monde et de l'espace francophone ».

Le Canada attendu en Afrique francophone

Si le Canada a déjà annoncé que 600 soldats seraient mis à contribution dans les missions de maintien de la paix des Casques bleu en Afrique, le ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan, n'a toujours précisé dans quels pays les troupes canadiennes seraient déployées.

Pour Michaëlle Jean, il serait tout indiqué que nos soldats servent dans les pays francophones.

« [Le Canada] a une expertise particulière à apporter, c'est-à-dire d'une part des troupes qui sont capables de travailler en français, mais aussi en anglais. La moitié des opérations de maintien de la paix se passent dans l'espace francophone, donc imaginez ce que le Canada peut apporter aussi avec des officiers qui ont beaucoup d'expérience. »

Mais les attentats de Bamako et Ouagadougou, où six Canadiens ont perdu la vie, rappellent tous les risques auxquels sont exposées les forces qui combattent les groupes djihadistes en Afrique. Malgré les dangers, les Canadiens ne peuvent renoncer à la lutte au terrorisme soutient Michaëlle Jean.

« C'est un problème mondial. Qu'on se souvienne de cet assaut sur le Parlement canadien, personne n'est à l'abri. (...) C'est une question de rétablissement de la stabilité et de la paix pour l'ensemble du monde. »

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