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La fusion de municipalités de la Matanie, un enjeu électoral

Les élections sont l'occasion de relancer le débat autour des fusions municipales, notamment à l'est de la MRC de La Matanie qui regroupe Sainte-Félicité, Grosses-Roches, Sainte-Adelme et Saint-Jean-de-Cherbourg. Le sujet anime les passions et les avis divergent.

Un texte de Jean-François Deschênes

Depuis quelques années, les quatre municipalités partagent certains services de culture, de loisir ou professionnels. Toutes les personnes rencontrées s'entendent pour dire qu'il s'agit d'un bon moyen pour économiser dans un contexte où ces municipalités dévitalisées perdent de plus en plus d'habitants.

Candidates de Grosses-Roches

La candidate aux élections de Grosses-Roches, Pâquerette Coulombe, défend cette idée et serait prête à fusionner avec une seule municipalité ou toutes ses voisines. « On économiserait. On n'a pas de patinoire nous autres ici, mais Sainte-Félicité en ont une. Les gens pourraient se servir des loisirs dans les autres municipalités. »

Au contraire, son opposante et ancienne mairesse, Victoire Marin, refuse l’idée des fusions.

L'ancienne mairesse craint que les municipalités bien nanties soient prises avec les dettes de celles qui le sont moins. Elle prône, par contre, le partage des services. « On règle nos problèmes chez nous, entre nous. Moi j'ai déjà avancé dans les dossiers de l'eau potable et des eaux usées et je les ai réglés dans les 10 ans que j'ai été là. »

Candidates de Saint-Jean-de-Cherbourg

Même constat aux élections de Saint-Jean-de Cherbourg où les candidates ne s'entendent pas sur ce sujet.

Darlène Banville s'y oppose.

Elle croit que sa petite municipalité perdrait ses acquis. « Je pense que pour Saint-Jean, ça serait profitable les fusions. Compte tenu du fait qu'on est une petite municipalité avec très peu de services. Je vais juste vous donner un exemple très simple, admettons qu’on fusionne et là on a trois patinoires pour les quatre municipalités. C’est quasiment sûr que celle qui va fermer, c’est celle de Saint-Jean parce qu’elle dessert seulement 180 personnes dont seulement une trentaine d’enfants. »

La seconde candidate, Francine Ouellet-Leclerc, quant à elle, ne ferme pas la porte.

Elle croit que le partage des services est essentiel, mais la fusion des conseils municipaux demande plus de réflexion. « Il faut prendre le temps parce qu’il y a déjà eu des fusions, mais aussi des "défusions" », rappelle-t-elle.

Une seule direction générale pour tous

Le maire réélu de Saint-Adelme refuse l'idée d'une fusion des conseils.

Toutefois, il rappelle que les municipalités partagent de nombreux services et que ça pourrait aller encore plus loin. « C’est un travail qui se fait intermunicipal autant du côté de l’équipement, du service de bureau, tout ce qui inclut les dépenses d’une municipalité. »

Plus tôt cette semaine, le maire sortant de Sainte-Félicité, Réginald Desrosiers, a témoigné lors de l'émission Bon pied, bonne heure et croit quant à lui que le moment est venu de remettre cet enjeu sur la table puisque sa municipalité se retrouvera bientôt orpheline, parce que personne n'a déposé sa candidature pour le remplacer.

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