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La gestion de l'offre doit être protégée entièrement, disent Québec et les producteurs laitiers

Les producteurs agricoles ainsi que le gouvernement québécois demandent à Ottawa de ne pas céder aux pressions et de continuer à protéger le système canadien de la gestion de l'offre lors des négociations du Partenariat transpacifique qui pourraient se conclure cette semaine à Atlanta.

En plus de garder les tarifs douaniers à leur niveau actuel, les producteurs et Québec demandent au gouvernement fédéral de « respecter ses engagements » et de refuser complètement d'ouvrir son marché agricole sous gestion de l'offre aux importations étrangères.

Certaines rumeurs laissent entendre que le Canada serait prêt à laisser entrer jusqu'à 10 % de plus de produits laitiers provenant des États-Unis.

Entouré du ministre québécois de l'Agriculture, Pierre Paradis, et des porte-parole de la Coop fédérée et d'Agropur, le président de l'Union des producteurs agricoles, Marcel Groleau, a ainsi affirmé en conférence de presse lundi après-midi que cette possibilité était « inacceptable et non viable ».

« On importe déjà plus que les Américains. On n'est pas prêts à céder. On se discipline pour ne pas créer de distorsion sur les autres marchés. Donc le Canada devrait faire valoir ces arguments-là et protéger le marché canadien », a lancé M. Groleau.

Marcel Groleau rappelle également que le Québec est très vulnérable en raison de la taille de l'industrie américaine, qui exercerait une compétition « déloyale », selon lui, étant donné les subventions gouvernementales directes qu'elle reçoit. « 1000 milliards sur 10 ans », note-t-il.

Il rappelle que la gestion de l'offre est essentielle à la bonne santé du milieu agricole canadien, et particulièrement québécois, soulignant que près de 45 % des produits laitiers consommés au Canada sont produits au Québec, et que 43 % des revenus agricoles québécois dépendent de la gestion de l'offre.

Selon lui, ouvrir le marché à 10 % de produits étrangers serait comme y ajouter la production de 1800 à 2000 fermes moyennes, ce qui impliquerait une diminution importante de la production québécoise, mais aussi une réduction proportionnelle de ses activités de transformation.

Les producteurs agricoles québécois soulignent également qu'ils ont déjà été sacrifiés dans l'Accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne, puisque 17 700 tonnes de nouvelles importations de fromages fins européens ont été concédées par le Canada.

Ces importations « causeront des pertes annuelles de quelque 300 millions de dollars aux fromagers et aux producteurs de lait canadiens », disent-ils.

Direction Atlanta

Afin d'appuyer le gouvernement canadien, « qui subit des pressions énormes et a besoin de tous les appuis », le ministre de l'Agriculture, Pierre Paradis, le ministre de l'Économie, Jacques Daoust, ainsi que les autres participants à la conférence de presse se rendront cette semaine à Atlanta pour les négociations.

En plus de soutenir le gouvernement fédéral, la présence québécoise à Atlanta a également d'autres visées.

« Si je vais à Atlanta, c'est parce qu'on veut être aux premières loges et qu'on ne veut pas se laisser filtrer de l'info qu'on pourrait vérifier de première main. On veut aussi rappeler au ministre fédéral le message qu'a voulu envoyer l'ensemble des juridictions canadiennes à Charlottetown », a déclaré Pierre Paradis.

En juillet dernier, lors de la rencontre des ministres fédéral, provinciaux et territoriaux de l'Agriculture tenue à Charlottetown, les ministres se sont engagés à l'unanimité à défendre l'intégrité de la gestion de l'offre.

Ottawa déterminé à défendre la gestion de l'offre

Ottawa a réagi aux inquiétudes des producteurs lundi en se disant « déterminé à continuer de défendre le système de gestion de l'offre. Le bilan du gouvernement montre qu'il a su conclure des accords commerciaux protégeant le système qui sert efficacement les producteurs laitiers et les producteurs de volaille et d'œufs. »

Du même souffle il fait valoir que le Partenariat transpacifique (PTP) « offre l'occasion de se voir offrir un accès préférentiel à la région du PTP, un marché combiné de 11 pays et de près de 800 millions de gens avides de produits canadiens. »

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