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La gestion de l'offre, enjeu de négociation et de campagne

Le chef conservateur Stephen Harper continue de promettre de défendre le système de gestion de l'offre en agriculture dans le cadre des négociations du Partenariat transpacifique (TPT), sans toutefois garantir clairement son maintien intégral.

En cette journée où des agriculteurs font entendre leur voix à ce sujet sur la colline du Parlement, à Ottawa, M. Harper a expliqué que ce système était la base de la continuité de l'économie dans ce secteur et du maintien des fermes familiales.

Il n'a toutefois pas statué définitivement sur l'avenir de la gestion de l'offre. « Les décisions à prendre sur 'est-ce que nous devons avoir un tel système ou pas' sont des décisions que nous voulons que les Canadiens prennent et non des étrangers », a affirmé le chef conservateur, en point de presse à Vaughn, en Ontario.

Lundi soir, lors du débat Munk sur la politique étrangère, Stephen Harper avait ajouté qu'il défendait « aussi les agriculteurs s'ils sont hors de ce système » et « les intérêts de tous les secteurs », tout en promettant un accord « dans l'intérêt supérieur de toute l'économie canadienne ».

Sans être invité à le faire par les journalistes, le chef conservateur a terminé son point de presse par un commentaire sous forme de critique de ses adversaires. « Contrairement aux autres partis, nous ne nous retirerons pas de négociations au premier signe d'inquiétude », a-t-il déclaré.

Tout en critiquant le manque de transparence de Stephen Harper au sujet des négociations du TPT, le chef libéral Justin Trudeau n'a pas fourni plus de garanties sur le maintien intégral de la gestion de l'offre. « L'important, c'est de savoir qu'on peut et qu'on doit s'engager dans le commerce international en protégeant ce qui fonctionne ici au Canada et en protégeant nos agriculteurs », a déclaré M. Trudeau, en point de presse à Winnipeg.

Le chef libéral croit que l'industrie agricole ne fonctionne pas comme les autres secteurs, de toute manière. « Il n'y a aucun pays au monde qui ne subventionne pas de façon significative ses producteurs agricoles », a-t-il argué.

« Un pays qui est fort sur ses principes et qui s'engage de façon productive et positive dans ces négociations-là, sur des principes clairs, va toujours pouvoir avoir des sorties de négociations qui vont protéger nos enjeux importants et permettre au Canada de s'épanouir dans le monde », a résumé Justin Trudeau.

Pour sa part, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a jugé que c'était « très inquiétant » et s'est dit insatisfait de la réponse obtenue des chefs conservateur, libéral et néo-démocrate sur cet enjeu.

« On peut la contourner [la gestion de l'offre], comme c'est arrivé dans l'entente avec l'Union européenne, où il y avait eu promesse de compenser les producteurs de fromage du Québec », a expliqué M. Duceppe, en point de presse à Montréal.

« Or [lundi], au débat en anglais, M. Mulcair n'a soulevé la question que des promesses faites aux pêcheurs de l'Atlantique quant aux compensations. Il a oublié les producteurs de fromage du Québec », a souligné le chef bloquiste, dont le parti réclame des compensations de 300 millions de dollars pour ces producteurs.

Gilles Duceppe a rappelé des propos tenus par le lieutenant québécois de Stephen Harper, Denis Lebel, à un groupe d'agriculteurs. Interrogé au sujet du maintien de la gestion de l'offre, M. Lebel leur a répondu : « Si je vous promets quelque chose que je ne peux pas vous livrer, après, vous allez me dire quoi ? »

Rien pour rassurer le chef du Bloc, qui s'inquiète de l'impact potentiel de la disparition de ce système, qui s'ajouterait à celui de l'accord Canada-UE. « C'est un coup qui pourrait s'avérer mortel à la gestion de l'offre, dont une partie excessivement importante de l'agriculture québécoise », a conclu Gilles Duceppe.

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