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La GRC achète des milliers de chapeaux en rat musqué

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a émis il y a deux jours une demande de soumission pour l'achat de 4470 chapeaux de fourrure en rat musqué, ce qui fait bondir les défenseurs des animaux.

Un texte d'Alison Crawford, de CBC

« La fourrure, de première qualité, doit provenir de rats musqués au poil bien fourni de l’Est du Canada ou de l’État de New York », indique la soumission.

Chaque chapeau est confectionné de deux ou trois peaux, ce qui fait que près de 12 000 rats musqués seront nécessaires pour satisfaire à la commande.

Cependant, à l’idée de cette chasse, les défenseurs des animaux frissonnent.

« Nous savions qu’ils allaient garder certains de leurs chapeaux de fourrure pour les froids extrêmes, mais il est triste de voir qu’ils veulent en acheter autant », déplore Adrian Nelson, des Fur Bearers, un groupe de défense des animaux sauvages de Vancouver.

Selon Adrian Nelson, les Fur Bearers font du lobbying depuis quelques années pour que la GRC abandonne ses chapeaux de fourrure. Selon lui, des progrès avaient été réalisés jusqu’en 2014, année où le corps policier a décidé de proposer à ses agents des tuques de laine plutôt que les traditionnels chapeaux de fourrure et que le gouvernement conservateur de l’époque lui a interdit d’aller de l’avant avec cette nouvelle façon de faire.

La GRC affirme que rien ne bat la fourrure de rat musqué pour tenir la tête de ses policiers au chaud lors de froids extrêmes.

Selon le corps policier, des chapeaux fabriqués avec de la fausse fourrure ont été testés par ses agents, mais ils n’ont pas été aussi efficaces que les ceux faits de fourrure naturelle contre le froid et l’humidité.

Le gouvernement libéral a cette fois décidé de rester loin de la controverse. Un porte-parole du ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goodale, indique que la décision est laissée à la discrétion de la GRC.

Le bonheur des trappeurs

« C’est bien de voir qu’on reconnaît l’héritage canadien. Le commerce de la fourrure fait partie de l’histoire du Canada, bien sûr, et c’est toujours une bonne idée de la porter parce que c’est un produit naturel, biodégradable, et une ressource renouvelable », note Alan Herscovici, porte-parole du Conseil canadien de la fourrure.

M. Herscovici souligne qu’en 2016, les trappeurs canadiens ont gagné 1,7 million de dollars en piégeant 315 000 rats musqués.

« Les trappeurs canadiens doivent participer à des formations pour apprendre les nouvelles méthodes de trappe, qui sont plus humaines, avant d’obtenir leurs permis », dit Alan Herscovici.

La GRC indique de son côté qu’elle compte acheter ses chapeaux à des fournisseurs agréés utilisant des méthodes légales et humaines de trappe.

Elle souligne par ailleurs que le choix de la tuque de laine ou du chapeau de fourrure revient à chaque policier.

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