Retour

La grève des juristes de l'État se fait sentir en commission parlementaire

Une première rencontre a réuni, jeudi, le nouveau président du Conseil du Trésor du Québec, Pierre Moreau, et le syndicat des juristes de l'État, qui sont en grève depuis le 24 octobre dernier. Le même jour, les travaux d'une commission parlementaire ont été ajournés, en raison « des impacts et des dommages » causés par ce conflit de travail, selon le député péquiste Sylvain Gaudreault.

Les pourparlers commencés jeudi par le ministre Pierre Moreau avec LANEQ, le syndicat des avocats et des notaires de l'État québécois, se sont tenus dans un climat respectueux, permettant de cerner les enjeux et les revendications des parties », selon l'attachée de presse du ministre, Catherine Poulin.

« Les canaux de communication demeurent ouverts », a déclaré Mme Poulin.

Le bureau de Pierre Moreau n'a pas voulu commenter le fait que, du côté du ministère de l'Environnement, les travaux de la Commission des transports et de l'environnement, étudiant le projet de loi 102, ont dû être ajournés la même journée, soit jeudi.

Des travaux suspendus

Aux yeux de Sylvain Gaudreault, député péquiste de Jonquière, l'ajournement en question est, sans équivoque, lié à la grève des juristes. En conférence de presse, le porte-parole péquiste en matière d'environnement a déclaré qu'en interrompant les travaux de cette commission parlementaire le gouvernement faisait « l'aveu que la grève des juristes met un frein aux travaux du Parlement ».

Les travaux de cette commission, amorcés l'automne dernier, se déroulaient bien, et ce, tant de l'avis du ministre David Heurtel que de M. Gaudreault.

Néanmoins, le ministre Heurtel a demandé jeudi matin aux membres de la commission d'accepter de suspendre les travaux relativement à une vingtaine d'articles de ce projet de loi, et ce, afin de permettre aux trois juristes assignés au dossier de mieux préparer « une section [du projet de loi] qui n'est pas tout à fait prête », a expliqué le ministre de l'Environnement en commission.

Le Parti québécois a refusé. Les trois juristes en question travaillent en vertu de privilèges parlementaires, des services essentiels en quelque sorte, a expliqué en substance Sylvain Gaudreault. « Ils travaillent en accompagnement au ministre et au gouvernement », dit-il. Aux yeux du PQ, le fait de permettre ainsi l'avancée des travaux ferait jouer un rôle aux parlementaires s'apparentant à celui de scabs, c'est-à-dire de briseurs de grève.

M. Gaudreault affirme : « [Il est] hors de question que nous endossions d'une quelconque manière le travail de quelques juristes de l'État, soi-disant en services essentiels auprès du gouvernement, et qui pourraient faire un travail en sous-main pour préparer des amendements que le gouvernement ne peut pas préparer par ailleurs, et ainsi servir de scabs à l'endroit des juristes de l'État qui sont présentement en conflit de travail. »

David Heurtel considère qu'il a « tendu la main à l'opposition officielle ». « Elle [l'opposition officielle] a refusé cette demande de simplement passer à une autre section pour nous donner le temps de bien faire les ajustements aux articles 50 à 70 », a déploré le ministre de l'Environnement.

Par voie de communiqué, jeudi, LANEQ a affirmé que la grève a pour effet de « paralyser » les travaux parlementaires.

Les 1100 avocats et notaires du gouvernement du Québec tentent de renouveler leur convention collective depuis le 31 mars 2015, en vain. Leur principale revendication consiste à faire remplacer le mode habituel de négociation des contrats de travail - qui prévoit le droit de grève - par un mécanisme d'arbitrage qui lierait les parties.

Plus d'articles

Commentaires