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La légalisation du cannabis débattue chez les Cris

Les candidats à la succession de Matthew Coon Come, grand chef actuel du Grand conseil des Cris (GCC), sont divisés au sujet de la légalisation du cannabis à usage récréatif.

Des communautés autochtones à travers le pays espèrent pouvoir profiter financièrement de la légalisation, que le gouvernement Trudeau prévoit mettre en place d'ici juillet 2018, afin de pouvoir offrir plus de services essentiels.

Toutefois, certains leaders autochtones, comme chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador Ghislain Picard, appellent à la prudence. Des aspirants au poste de grand chef se sont montrés du même avis lors d'un forum entre candidats se déroulant à Mistissini, au nord-est de Chibougamau.

« Sommes-nous prêts à légaliser le cannabis pour que n’importe qui fume n’importe où? » a demandé le candidat à la chefferie et chef du Conseil de la Nation Cri de Mistissini, Richard Shecapio.

Il a appelé les communautés cries à analyser le tableau dans son ensemble avant d’investir dans l’industrie de la marijuana.

« Nous ne vendons pas d’alcool dans la nation crie. Nous n’acceptons pas les jeux d’argent dans certaines communautés. Nous savons que certaines personnes ont des problèmes avec ça », a-t-il soutenu.

Le candidat et ex-grand chef de la nation crie de Oujé-Bougoumou, Abel Bosum, croit plutôt que la nation crie a besoin de se faire entendre et qu’elle doit participer à la création de la loi sur la légalisation du cannabis.

Il a ajouté voir cette légalisation différemment maintenant qu’il est un aîné. « C’est bon pour [nos aînés et] les personnes qui souffrent, a-t-il dit. Ils ne seront pas imprudents. Je crois qu’ils seront plus calmes qu’imprudents. »

Encadrer la consommation

Plus de travail doit toutefois être entrepris pour comprendre les effets de la drogue et pour apprendre à aider ceux qui en sont dépendants, croit quant à lui le candidat Ashley Iserhoff, directeur de la santé et du développement social dans la communauté de Mistissini.

« Lorsque des personnes en consomment, il y a une raison derrière ça. Elles ne veulent pas faire face à leurs problèmes », a-t-il déclaré.

La candidate Darlene Cheechoo, cheffe de Waskaganish, s’est également inquiétée que le gouvernement fédéral n’ait pas élaboré à l'heure actuelle un plan précis quant à la forme que prendra cette légalisation et au pouvoir accordé aux communautés pour encadrer cette décision.

Le candidat et grand chef adjoint Rodney Mark se fait toutefois rassurant en affirmant que l’autonomie gouvernementale des Cris permettra aux communautés de légiférer comme elles le souhaitent à ce sujet.

Le vote pour pourvoir le poste de grand chef du Grand conseil des Cris aura lieu le 12 juillet prochain.

D'après les informations de Susan Bell et Nick Wapachee

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