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La longue campagne électorale de 2015 a posé d'importants défis au DGE

Le déclenchement hâtif des élections fédérales de 2015 et le manque de flexibilité dans le déploiement des services électoraux ont provoqué d'importants retards dans le processus électoral, conclut un rapport du directeur général des élections du Canada.

En déclenchant les élections le 2 août 2015, soit trois mois avant la date du scrutin, Stephen Harper a amorcé une campagne électorale de 78 jours, la plus longue de l'histoire moderne.

Le directeur général des élections, Marc Mayrand, en conclut que la tenue d'une élection à date fixe n'a pas réussi à améliorer la prévisibilité attendue pour la conduite de l'élection.

Une campagne hâtive

Son rapport mentionne que le DGE avait prévu que les élections seraient déclenchées à la mi-septembre. Le plan initial était de déployer les effectifs sur le terrain dès le 1er septembre pour être totalement organisé pour le premier jour de la campagne.

Le déploiement de la campagne un mois plus tôt que prévu a compliqué le travail d'Élections Canada, notamment pour l'embauche des travailleurs électoraux et pour les services offerts aux partis politiques et aux électeurs, particulièrement en région éloignée.

Durant les premiers jours de la campagne, certains « n'ont pas reçu le niveau de service auquel ils avaient été habitués aux élections précédentes ».

Élections Canada a toutefois réussi à ouvrir près de 95 % des bureaux de vote dans les huit jours qui ont suivi le déclenchement de la campagne. En 2011, tous les bureaux étaient opérationnels trois jours après le début de la campagne.

Difficultés d'embauche

Élections Canada a eu beaucoup de difficulté à recruter du personnel pour cette période prolongée, particulièrement en région. Elle a également dû embaucher 55 000 travailleurs électoraux de plus qu'en 2011.

L'ajout de 30 nouvelles circonscriptions a justifié une part de ces embauches, mais le DGE soutient que les procédures et les exigences électorales complexes ont forcé l'embauche de travailleurs supplémentaires.

Le rapport indique que l'augmentation constante des effectifs ne suffit plus pour assurer la qualité des services. Il précise qu'il est nécessaire de repenser les services offerts dans les bureaux de vote et de trouver une façon plus efficace d'affecter les ressources humaines.

Le processus d'embauche pour recruter les travailleurs électoraux, qui doit actuellement se baser sur une liste fournie par les partis politiques, complexifie également les démarches puisque le nombre de travailleurs potentiels se réduit au fil du temps. Le DGE souhaite repenser le processus de recrutement, désuet selon lui.

Le rapport du DGE mentionne aussi l'importance d'améliorer les conditions de travail de ses employés, afin de faciliter le recrutement et de s'assurer de maintenir l'intégrité du processus électoral. Il recommande l'augmentation du nombre de pauses, la possibilité de se faire remplacer pour de courtes périodes et de faire des rotations entre employés pour répondre aux files d'attente, qui ont provoqué du mécontentement de la part des électeurs.

Inscription des électeurs en régions

Les régions éloignées ont particulièrement fait les frais de cette campagne hâtive.

Certaines communautés de Premières Nations ont connu des problèmes d'approvisionnement en bulletins de vote. Le rapport affirme que 14 bureaux de votes dans 9 circonscriptions ont manqué de bulletins le jour du scrutin.

Dans un bureau de vote, 13 électeurs n'ont pas pu voter pour ces raisons, puisque les travailleurs électoraux ont refusé de donner des bulletins photocopiés aux électeurs, se sentant mal à l'aise avec la procédure, et ce, malgré les directives du DGE.

Un faible taux d'inscription dans ces communautés aurait poussé les travailleurs à sous-estimer le nombre de bulletins de vote nécessaires.

Le rapport indique que la résolution de ces problèmes passe par l'amélioration des services d'inscription des électeurs, notamment la gestion des adresses et la mise à jour les listes électorales, mais aussi par une meilleure formation des travailleurs électoraux en région.

Vers une modernisation du système électoral

D'ici les deux prochaines semaines, Élections Canada doit faire des recommandations au Parlement sur la façon d'améliorer les services offerts pour la prochaine campagne électorale.

Ces améliorations passeront notamment par la simplification du processus électoral et l'automatisation des services offerts dans les bureaux de vote.

Élections Canada recommande l'assouplissement de la Loi électorale du Canada et s'engage à s'adapter à toute réforme électorale entreprise par le Parlement.

Ces changements permettraient, selon Marc Mayrand, de régler en partie les problèmes survenus lors de l'élection générale fédérale de 2015.

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