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La Marine canadienne devra payer 50 M$ pour des systèmes de climatisation

Le ministère de la Défense nationale a discrètement entrepris le remplacement des énormes systèmes de climatisation de 12 frégates de la marine, après avoir appris que certains équipements neufs risquent de surchauffer.

Ces équipements électroniques avaient été installés dans le cadre d’un programme de reconditionnement des frégates de 4,3 milliards de dollars. La nouvelle mise à jour des systèmes de climatisation, au coût de 50 millions , n’était pas incluse dans cette facture.

Des documents obtenus par CBC indiquent que des experts avaient soulevé la question il y a cinq ans, quand ils avaient inspecté les systèmes de ventilation des navires de guerre. Ils avaient en fait constaté plusieurs problèmes, notamment la présence de condensation et de moisissures dans chacun des 12 navires inspectés.

La firme Bronswerk Engineering, qui avait entre autres examiné le NCSM St. John’s, avait remarqué un mauvais fonctionnement de ses quatre éléments de refroidissement et de ses contrôles de chauffage, de ventilation et de climatisation.

Ce problème peut devenir critique quand les frégates se trouvent dans les eaux équatoriales, où les températures peuvent dépasser 29 °C. D’après le rapport de Bronswerk Engineering, l’intérieur du navire demeure chaud même quand les refroidisseurs fonctionnent à plein régime et quand les systèmes de combat sont hors fonction.

Et si les systèmes de combat étaient en marche, il apparaît « improbable » que le NCSM St. John’s puisse fonctionner bien longtemps au maximum de ses capacités, indique le rapport rédigé au cours de l’automne 2011 et présenté peu après à des responsables de la Défense nationale.

Le capitaine Craig Skjerpen, commandant des opérations maritimes sur la côte est, a précisé à CBC que trois frégates avaient fait l’objet d’une mise à jour de leurs systèmes de climatisation et qu’il est prévu que les neuf autres suivent au cours des trois prochaines années et demie.

Des vies en péril

Quatre navires qui n’ont pas encore subi la modification prévue ont été déployés dans les Caraïbes et ailleurs au large des États-Unis sans rencontrer de problèmes, a noté le capitaine Skjerpen.

On ne fait que mettre à jour un système qui a besoin d’être mis à jour. Je ne veux pas essayer de deviner ce qui pourrait mal tourner.

Le capitaine Craig Skjerpen

Mais les ingénieurs qui ont procédé à l’inspection du NCSM St. John’s ont montré du doigt le « piètre état » des refroidisseurs et ont averti qu’une surchauffe « mènerait vraisemblablement à la défaillance de certains équipements ».

Un autre document, préparé par des ingénieurs pour une présentation et obtenu par CBC, souligne que les éléments de climatisation fonctionnaient au moment de l’inspection, « à 69 % de la capacité requise », précisant qu’une panne mettrait « la vie des marins en péril », en particulier s’ils devaient intervenir dans des secteurs contaminés par des agents biologiques, chimiques ou radioactifs.

Les scénarios envisagés n’impliquaient pas nécessairement une situation de guerre. Un événement comme l’accident nucléaire de Fukushima, au Japon, en 2011, représenterait aussi des risques.

Sur une base plus routinière, le document de présentation avertit : « Pas de refroidissement, pas de radar. »

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