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La ministre Anglade veut revoir la gouvernance d'Investissement Québec

La ministre de l'Économie, de la Science et de l'Innovation, Dominique Anglade, veut revoir la gouvernance d'Investissement Québec, après le cafouillage entourant la vente, en 2014, des 11 millions d'actions de Rona que détenait encore la société.

Mme Anglade veut que cette réforme tienne compte des 10 recommandations déclinées dans le rapport de la vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, à ce sujet, déposé en juin. Investissement Québec déposera le 21 septembre prochain des propositions en ce sens.

La semaine dernière, en commission parlementaire, Pierre Ouellet, ex-chef de cabinet du ministre de l'Économie à l'époque des faits, Jacques Daoust, a affirmé devant les parlementaires que son ancien patron était au courant de la vente des actions de Rona par IQ. Il contredisait ainsi la version de M. Daoust, qui a toujours nié avoir été informé de la vente de ces actions.

M. Ouellet a notamment déclaré que le controversé « O.K. », qui apparaissait dans un courriel au coeur de l'affaire, en novembre 2014, avait été donné après discussion avec le ministre Daoust. Celui-ci a quitté la vie politique dans la foulée de cette controverse.

En entrevue sur ICI RDI, mercredi, la ministre Anglade a confirmé qu'une telle situation, un simple « O.K. » d'assentiment par courriel pour avaliser une transaction d'importance comme la vente des actions de Rona, ne pourra plus se reproduire.

« Quand est-ce que le ministre doit donner son accord? Et si le ministre donne son accord, il va falloir qu'il y ait un document signé par le ministre. C'est une simple règle de gouvernance à avoir. Donc, il y a plusieurs propositions qui vont être faites pour répondre au rapport de la vérificatrice et pour poursuivre les transformations que l'on est en train de faire à Investissement Québec. C'est fondamental que l'on ne se retrouve pas dans des zones grises, et moi, j'aime bien quand c'est ou bien noir ou bien blanc », a décrété la ministre.

Dominique Anglade estime que les changements qui seront apportés tiendront compte du plan stratégique d'Investissement Québec déposé au mois d'avril. « En clarifiant les manières de fonctionner à Investissement Québec et l'interaction entre les ministères et Investissement Québec, on va pouvoir répondre à bon nombre de questions et on ne se retrouvera pas dans une situation comme aujourd'hui », a dit la ministre.

Le quincaillier québécois est passé aux mains du géant américain Lowe's, l'hiver dernier. Le bloc d'actions d'Investissement Québec, d'une valeur d'environ 150 millions de dollars, avait été acquis en 2012 à la demande du gouvernement libéral de Jean Charest, afin de constituer une minorité de blocage en cas d'offre d'achat hostile.

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