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La ministre fédérale de la Justice conspuée après un tweet sur l'affaire Boushie

Un tweet de la ministre fédérale de la Justice Jody Wilson-Raybould à propos du procès de Gerald Stanley, cet hiver, lui a valu d'être inondée de centaines de messages critiques dans les jours qui ont suivi.

En février dernier, un juré a estimé que M. Stanley n'était pas coupable de la mort de Colten Boushie. Ce jeune homme cri, âgé de 22 ans, a été abattu par l'agriculteur saskatchewanais après s'être rendu sur son terrain en compagnie d'un groupe d'autres jeunes gens.

Peu de temps après le verdict, le premier ministre canadien Justin Trudeau a fait part de sa peine sur Twitter, à l'intention de la famille Boushie.

La ministre Wilson-Raybould s'est elle aussi tournée vers le réseau social. « Merci, Monsieur le premier ministre. Mes pensées vont à la famille de Colten Boushie. Je ressens votre douleur et je vous entends », a-t-elle écrit.

« Notre pays peut et doit faire mieux. Je m'engage à travailler tous les jours pour que justice soit rendue pour tous les Canadiens », a encore ajouté la ministre.

Ce message a provoqué un déluge de réponses destinées aux bureaux de Mme Wilson-Raybould, selon une demande d'accès à l'information faite par CBC, le réseau anglais de Radio-Canada; l'équivalent de plus de 500 pages de correspondance en tout.

Presque tous ces messages étaient à connotation négative, plusieurs expéditeurs accusant la ministre de saper le système juridique.

Parmi les documents rendus publics par le ministère, on trouve également des échanges de courriels à l'interne. La plupart d'entre eux, y compris une chaîne de lettres intitulée Mise à jour : correspondance liée à l'affaire Boushie, sont caviardés.

Les informations divulguées révèlent également que le ministère suivait de très près les réactions aux tweets du premier ministre et de la ministre Wilson-Raybould.

Des responsables ont échangé des articles de journaux et se sont concertés pour préparer des réponses officielles aux questions des médias. On surveillait également les réactions aux Communes, où l'opposition a talonné le gouvernement en lien avec sa réponse au verdict de la cour.

Espoirs de réforme

Si la quasi-totalité des lettres et courriels portant sur le tweet de la ministre sont à connotation négative, ils se retrouvent en flagrante opposition par rapport à d'autres messages transmis aux bureaux ministériels dans la foulée du verdict.

Toujours selon CBC News, la ministre a reçu des centaines de messages lui demandant de faire appel du jugement ou de réformer le processus de sélection des jurés.

Le porte-parole ministériel David Taylor assure que chaque personne ayant communiqué avec le ministère recevra une réponse. Le porte-parole a également fourni à CBC une déclaration écrite dans laquelle Jody Wilson-Raybould défend de nouveau son tweet : « Mes remarques ne représentaient pas un commentaire sur un verdict en particulier, mais portaient plutôt sur la nécessité de mieux agir pour les Canadiens membres des Premières Nations qui sont liés au système de justice criminelle, et de poser les gestes nécessaires pour éviter qu'ils ne se retrouvent dans les rouages du système en premier lieu. »

Le premier ministre et la ministre de la Justice n'ont toutefois pas été les seuls politiciens fédéraux à utiliser Twitter pour commenter le verdict dans l'affaire Boushie.

La ministre des Services aux Autochtones, Jane Philpott, a parlé d'une « nouvelle dévastatrice » pour la famille du jeune homme décédé.

Quant au leader du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, il a carrément affirmé qu'« il n'y avait pas eu de justice pour Colten Boushie ».

Depuis le verdict, le gouvernement fédéral a mis en place des réformes au sein du système de justice criminelle, dont la fin du rejet péremptoire lors de la sélection du jury, un aspect du processus ayant soulevé la controverse dans l'affaire Boushie.

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