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La ministre Philpott lance une consultation pour le nouveau guide alimentaire canadien

La ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, lance le processus de refonte du guide alimentaire canadien, en excluant les lobbies des producteurs de viande et de lait du comité décisionnel, mais pas de la consultation, ce qui soulève certaines critiques.

Cette consultation aura lieu jusqu'au 8 décembre et tant les professionnels de la santé que les citoyens canadiens sont invités à y participer. Ils peuvent le faire en consultant le site Internet de Santé Canada.

« Il faut que ce soit pratique et dans un langage simple, facile à comprendre et à mémoriser. Il doit y avoir des messages que les gens peuvent saisir en un coup d'oeil : moins de gras saturés et plus de fibres, moins de viande et plus de légumes, moins d'aliments transformés, soyez plus actifs, bougez. »

Le ministère publiera en 2019 le nouveau modèle d'alimentation saine, tant en matière de quantités que de types d'aliments recommandés. De nouvelles normes d'étiquetage de certains produits seront imposées, notamment pour mieux identifier les sucres.

La ministre n'est cependant pas prête à imposer une taxe sur les boissons sucrées.

La Fondation des maladies du coeur et de l'AVC est satisfaite des mesures annoncées. « C'est une série de mesures que notre organisation est fière de voir avancées, qu'on pense au tabac, au sel, au sucre et au marketing qui est fait auprès des enfants », a dit Kevin Bilodeau, responsable des relations gouvernementales à la Fondation.

Manger en famille

La nutritionniste Isabelle Huot estime pour sa part que le gouvernement pourrait reprendre le modèle brésilien qui recommande de manger à des heures régulières et en bonne compagnie et d'être critique des publicités commerciales sur les produits alimentaires.

« C'est prouvé dans toutes les études, quand on mange en famille, les enfants développent une saine relation avec les aliments et ils ont moins de problèmes d'obésité, on met le contexte social, l'environnement de l'avant aussi », dit-elle en entrevue à ICI RDI.

La nutritionniste voit d'un bon œil que les industries laitière et des viandes ne font pas partie du comité décisionnel, mais elle déplore tout de même qu'elles soient invitées à la consultation.

« Je pense que le développement d'un tel outil, ça devrait être avec les consommateurs uniquement et les professionnels de la santé qui sont complètement indépendants de l'industrie alimentaire. Je ne vois pas pourquoi on consulterait les producteurs de viande et les producteurs laitiers pour développer un outil de santé publique », dit Isabelle Huot.

Elle ajoute qu'un tel outil devrait être mis à jour tous les cinq ans pour tenir compte des progrès de la recherche liant santé et alimentation.

À titre d'exemple, elle rapporte les propos d'un chercheur émérite de l'Université Harvard, Walter Willett, récemment invité au congrès des nutritionnistes, qui disait que les études épidémiologiques démontrent que l'être humain n'a pas besoin de quatre verres de lait par jour.

« Évidemment, quatre verres de lait par jour, c'est trop, il y a un lien avec le cancer de la prostate. Je pense que le message à retenir, c'est la variété. Un verre de lait et une boisson de soya à côté, c'est correct aussi. Il y a des alternatives qui sont des sources de calcium et de vitamine D », dit-elle.

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