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La ministre Philpott promet de l'aide aux hommes échangés à la naissance

La ministre a rencontré lundi des membres des quatre familles touchées ainsi que leur porte-parole, l’ancien ministre manitobain des Affaires autochtones Eric Robinson et des membres de leur bande au Musée canadien pour les droits de la personne, à Winnipeg.

« J’ai écouté les histoires de ces hommes, l’impact que [l’incident] a eu sur leurs vies, et les défis auxquels ils font face depuis la découverte de la vérité. C’était très émouvant », a avoué la ministre lors d’une conférence de presse.

Ils ont parlé de combien cela a été difficile pour eux et de leur sincère désir de guérir du traumatisme qu’ils ont vécu.

Jane Philpott, ministre fédérale de la Santé

Cette réunion intervient après que quatre hommes eurent été remis à des parents qui n'étaient pas leurs parents biologiques lors de leur naissance à l'hôpital fédéral autochtone Norway House en 1975.

Luke Monias et Norman Barkman, deux des victimes ont dénoncé l'erreur publiquement après avoir subi des tests d'ADN confirmant les faits en novembre 2015. L'échange de Leon Swanson et de David Tait Jr – nés dans le même hôpital fédéral et dans la même année que les deux autres victimes – a été dévoilé en août dernier.

« Nous avons eu la chance aujourd’hui de discuter des noms des gens qui participeront à l’enquête indépendante et de l’importance d’aller prestement de l’avant pour que ces hommes et leurs familles puissent comprendre ce qui s’est réellement passé. [L’enquête] jouera un rôle important dans leur processus de guérison », explique la ministre fédérale.

Seulement trois des quatre hommes en question ont assisté à la rencontre lundi et aucun d’entre eux n’ont souhaité s'exprimer devant les médias.

Le chef adjoint de la Première Nation crie de Norway House, Gilbert Fredette, dit que les propos de la ministre de la Santé ont été grandement appréciés.

Les familles sont contentes avec les prochaines étapes en vue. Le gouvernement a la volonté et les moyens d’agir rapidement pour les aider.

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Les quatre hommes ont besoin d’un soutien psychologique et l’un d’entre eux a développé un problème de dépendance depuis qu’il a pris connaissance des circonstances de sa naissance, explique le porte-parole des familles, Eric Robinson.

Enfants, les hommes ont été victimes de taxage en raison de leur dissemblance avec les autres membres de leur famille, soulève M. Robinson. Depuis que les interversions ont été rendues publiques, le harcèlement a repris, selon le porte-parole.

« Les remarques se sont intensifiées. On leur dit, “Es-tu certain que ta mère n’a pas tout simplement trompé ton père avec untel ?” et d’autres choses blessantes. […] Les communautés doivent guérir, elles aussi. Elles auront besoin de ressources aussi », a-t-il expliqué.

L’ancien ministre provincial a également fait savoir que les victimes demandent des excuses officielles à la Chambre des communes, et que la ministre de la Santé mènera des démarches à cet effet.

Toutefois, Eric Robinson a refusé de discuter de poursuites juridiques éventuelles contre le gouvernement fédéral, qui était responsable de l’hôpital à l’époque où les quatre enfants y sont nés.

« Cette option est encore sur la table, mais [les victimes] ont retenu les services d’un avocat et je n’en dirai pas plus », a-t-il conclu.

À la recherche d’autres victimes

Selon les données de Santé Canada, 239 bébés sont nés dans l’hôpital fédéral de Norway House en 1975. Le mois dernier, l’agence a annoncé qu'il offrirait des tests d'ADN gratuits à toute personne née à l'Hôpital Norway House avant 1980.

Aujourd'hui, l'établissement n'a plus de centre des naissances et les seuls bébés qui y naissent encore sont des cas d'accouchements d'urgence. Ce genre d'urgence a lieu environ tous les deux mois et un bracelet d'identification est immédiatement placé au poignet des nouveau-nés, une pratique désormais courante dans les hôpitaux.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a également annoncé en octobre qu'elle allait entamer sa propre enquête. Les policiers savent qu'en raison du temps écoulé depuis les événements malheureux, l'enquête sera difficile, mais ils demandent quand même à toute personne qui aurait de l'information sur le sujet de communiquer avec eux.

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