Retour

La ministre québécoise de l'Environnement ferme la porte à l'exploitation des énergies fossiles

Disant vouloir « réduire les gaz à effet de serre », la ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques Isabelle Melançon a affirmé que s'il n'en tenait qu'à elle, le Québec fermerait la porte aux projets d'exploitation de pétrole et de gaz naturel sur le territoire de la province.

La déclaration de la ministre est survenue à la toute fin du point de presse où était présenté, vendredi, le bilan de mi-parcours du Plan d’action 2013-2020 des libéraux en matière de lutte contre les changements climatiques.

Interrogée à savoir si le Québec devait ouvrir la porte à l'exploitation des énergies fossiles, dans un contexte où le gouvernement peine à atteindre les objectifs de réduction des gaz à effet de serre, la ministre Melançon a répondu par la négative.

« Certainement pas, non. [...] De mon côté, pour les énergies fossiles, c'est non merci », a-t-elle déclaré.

Le bilan du gouvernement a par ailleurs révélé que les investissements et efforts visant à réduire les émissions polluantes n'avaient pas donné les résultats escomptés, les émissions en question ne s'étant que stabilisées, plutôt qu'avoir décru, tel que souhaité.

Le discours tenu par la ministre Melançon contraste avec la position du gouvernement Couillard. En entrevue à l'émission 24/60, sur les ondes de RDI, Steven Guilbault, directeur principal de l'organisme environnemental Équiterre, a précisé que la déclaration de la ministre « ne représente pas la position officielle du gouvernement ».

« Est-ce que Mme Mélançon est en train d'indiquer que les choses sont en train de changer? Le Québec a tout de même fermé la porte, il n'y a pas tant que temps que cela, à l'exploitation pétrolière sur l'île d'Anticosti », souligne-t-il.

Cette volonté d'un virage plus vert du gouvernement libéral ne daterait d'ailleurs pas d'hier, précise M. Guilbeault, rappelant que sous Jean Charest, l'État avait opposé une fin de non-recevoir à toute exploitation d'énergies fossiles dans l'estuaire du fleuve Saint-Laurent.

« Peut-être sommes-nous en train, petit à petit, un peu à l'image de la France, par exemple, [...] d'envisager l'interdiction de toute exploitation pétrolière? »

Protéger... sans protéger

Si Québec semble vouloir agir pour bloquer les projets pétroliers et gaziers, le gouvernement laisse néanmoins les municipalités se battre contre les possibles exploitants de ces combustibles fossiles, déplore M. Guilbeault.

« On voit qu'il y a environ 338 municipalités qui menacent de poursuivre le gouvernement par rapport au règlement provincial sur la qualité de l'eau, parce qu'elles voudraient aller plus loin que le règlement provincial... Je pense qu'il y a beaucoup de pression sur le gouvernement Couillard à propos de cette question. »

Le jeu semblerait d'ailleurs ne pas en valoir la chandelle, estime le directeur général d'Équiterre, puisqu'il n'existe, à l'heure actuelle, aucun projet commercial d'exploitation des combustibles fossiles. Les rares installations en fonctionnement sont des projets exploratoires.

Plus d'articles