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La mission canadienne en Lettonie jusqu'en 2023

Le premier ministre du Canada profitera de sa visite officielle en Lettonie mardi pour annoncer la prolongation de la mission canadienne dans le pays jusqu'en 2023, a appris Radio-Canada. Justin Trudeau veut réaffirmer le sérieux de son engagement, à la veille d'un sommet de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) crucial.

Un texte de Louis Blouin, envoyé spécial en Europe

Justin Trudeau s'est envolé lundi matin pour l'Europe, où il doit rencontrer le premier ministre et le président lettons lors d'une visite officielle mardi. Il ira ensuite à la rencontre des militaires canadiens qui sont basés à proximité de la capitale, Riga.

L'occasion est parfaite pour annoncer un engagement prolongé du Canada en Europe de l'Est. Le mandat en Lettonie s'allongera de plusieurs années. Les effectifs devraient rester sensiblement les mêmes, soit 450 militaires canadiens déployés.

La durée exacte de la prolongation devrait être annoncée par le premier ministre mardi.

Après l'annexion de la Crimée en 2014, le Canada s'est engagé dans les efforts de dissuasion face à la Russie. Il dirige depuis 2017 l'un des quatre groupements tactiques internationaux déployés dans les pays baltes et la Pologne.

Cette mission, qui vise à « renforcer la défense collective de l'OTAN », comprend de la formation et des exercices.

Pour apaiser les critiques de Trump?

« On donne un signal aux forces de l'OTAN que le Canada est engagé à long terme pour la sécurité de l'Alliance et des pays de l'Europe de l'Est », fait remarquer Justin Massie, professeur de sciences politiques à l'Université du Québec à Montréal (UQAM).

Cette annonce survient à un moment stratégique : juste avant l'ouverture du sommet de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) prévu mercredi et jeudi à Bruxelles. Selon le professeur, c'est un moyen de contrer les critiques de l'administration américaine concernant les dépenses militaires canadiennes.

« Une des façons de contre-argumenter, du côté du Canada, c'est de dire que ce n'est pas tant la quantité d'argent que l'on met dans la défense [qui est importante, mais] l'utilisation qu'on fait des Forces canadiennes. Le Canada a participé à toutes les missions de l'OTAN et contribue significativement à cette mission-ci », explique M. Massie.

Les attaques de Donald Trump se sont intensifiées ces dernières semaines contre ses alliés, comme le Canada, qui n'atteignent toujours pas la cible d'un budget de défense équivalant à 2 % de leur produit intérieur brut.

Les investissements militaires du Canada se situaient à 1,29 % en 2017, selon les estimations de l'OTAN. Même si le Canada respectait la cible, ce ne serait pas suffisant pour mettre fin aux réprimandes du président américain, croit Justin Massie.

« M. Trump a une vision tronquée du fonctionnement de l'Alliance. Il pense que si les alliés dépensent plus pour leur défense, ce sera un fardeau de moins pour les États-Unis. Ce n'est pas le cas. Ce n'est pas un jeu à somme nulle », fait valoir le professeur.

« C'est extrêmement difficile de contrer une telle critique qui n'est pas basée [sur] les faits et où M. Trump cherche tout simplement à plaire à son auditoire principal, c'est-à-dire ses électeurs », conclut-il.

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