Retour

La Nation Anishinabek élit de nouveaux grands chefs

Mardi et mercredi, des représentants d'une quarantaine de Premières Nations de l'Ontario sont réunis au sud de Thunder Bay, pour élire un nouveau grand chef du conseil et de grands chefs adjoints.

Un texte de Miguel Lachance

Cette année, la Nation Anishinabek a décidé de créer quatre postes de grands chefs régionaux, qui remplaceront au besoin le grand chef adjoint.

Selon le grand chef sortant Patrick Madahbee, ce changement permettra non seulement de mieux représenter chaque région et ses besoins, mais aussi de réduire les déplacements pour le grand chef, qui pourra se concentrer sur les enjeux plus généraux.

« Nous avons besoin de rencontrer chaque communauté, explique Patrick Madahbee. C’était particulièrement important pour notre système d’éducation. »

Défense des droits et développement des communautés

L'hôte du rassemblement, le chef de la Première Nation de Fort William, Peter Collins, souhaite que le nouveau grand chef poursuive le travail du chef précédent, surtout concernant les droits de sa communauté en lien avec le territoire.

Le chef Collins a été nommé candidat au poste de grand chef adjoint de la région Supérieur Nord.

Myeengun Henry, chef de la Première Nation des Chippewas de la Thames, a souligné l’importance des dossiers de la dépendance aux drogues et de la légalisation du cannabis.

La chef de la Première Nation de Scugog Island, Kelly LaRocca, a mentionné l’importance de soutenir les plus petites communautés comme la sienne, notamment pour le système d’égouts.

Déroulement de l’élection

Le processus d’élections, encore aujourd’hui, est très ancré dans la tradition.

« On crée un grand cercle avec tous les leaders de chaque Nation, raconte Patrick Madahbee. Chacun leur tour, les chefs se présentent et s’ils veulent proposer un candidat ou une candidate, ils doivent lui donner du tabac. »

Si la personne nommée prend le tabac, cela signifie qu’elle accepte la mise en candidature.

« Il y a parfois des nominations à la toute dernière minute, à la toute fin du cercle », explique le grand chef sortant

Ceux qui proposent une candidature ont cinq minutes pour expliquer leur choix.

En soirée, les candidats vont dans une hutte à sudation pour une cérémonie de purification.

Mercredi matin, le grand chef et son adjoint vont remettre leur coiffe cérémonielle, la massue et la pipe à l’aîné de la Nation, Gordon Waindubence

Les candidats sont alignés par les anciens, puis les chefs locaux sont invités à aller se placer debout derrière le candidat de leur choix.

Un candidat a besoin d’une majorité de plus de 50 % pour être élu.

Une fois qu’un grand chef sera désigné, tout le monde présent se placera derrière lui ou elle en signe d’unité.

Le processus est répété pour les grands chefs régionaux, à la différence que seuls les chefs de la région en question ont le droit de vote.

Après les élections, une cérémonie sera présidée par quatre femmes, une de chaque région, pour expliquer comment les grands chefs doivent se comporter.

Ces mêmes quatre femmes ont le pouvoir de démettre de ses fonctions un grand chef qui ne respecterait pas les règles et qui porterait atteinte à la réputation de la Nation Anishinabek.

Plus d'articles