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La neutralité religieuse crée un malaise au débat en français du NPD

Les quatre candidats qui aspirent à remplacer Thomas Mulcair à la tête du Nouveau Parti démocratique (NPD), Charlie Angus, Niki Ashton, Guy Caron et Jagmeet Singh, ont croisé le fer à Montréal et ont notamment fait valoir leur position quant à la langue française, à la neutralité religieuse et aux demandeurs d'asile.

Les candidats ont adopté la même position sur de nombreux enjeux culturels propres au Québec. Tous ont indiqué vouloir protéger la langue française, suggérant de faire appliquer la loi 101 dans les milieux de travail qui relèvent du fédéral, comme les banques.

Ils ont également critiqué le premier ministre Justin Trudeau d’avoir fermé la porte aux discussions sur la réouverture de la Constitution et ils ont ajouté que, si la Constitution devait subir une réforme, le Québec ne serait pas le seul élément sur la table. Le respect des droits des Autochtones doit aussi être mis de l’avant.

Seule la question de la neutralité religieuse a été plus épineuse pour certains candidats. L’État n’a pas à dicter aux citoyens quoi porter, ont-ils tous déclaré. Guy Caron a toutefois tenu à souligner que ce débat se déroule au Québec, que c'est aux Québécois de se positionner sur la question et qu'en tant que député fédéral, il reconnaissait leur droit de légiférer sur la question. Son collègue Charlie Angus a aussi ajouté comprendre le désir des Québécois de vouloir séparer la religion de l'État.

Un débat consensuel

La position des candidats était similaire sur de nombreux points. Ils étaient notamment tous d’accord pour la suspension de l’Entente sur les tiers pays sûrs, pour des investissements du fédéral dans les énergies vertes et contre la privatisation des infrastructures.

Certains candidats se sont toutefois démarqués en proposant des solutions plus concrètes lors du débat. Charlie Angus, par exemple, a dit vouloir imposer une limite d'émission de gaz à effet de serre, lorsqu'il était question de la protection de l'environnement et de l'importance de l'industrie pétrolière dans certaines provinces. Sur ce même sujet, son adversaire Guy Caron a affirmé, lui, vouloir aider les provinces à diversifier leur économie pour qu’elles ne reposent pas uniquement sur le pétrole.

Ce septième et avant-dernier débat, qui s'est déroulé en français, a été l'occasion d'évaluer la maîtrise de la langue des candidats, de comparer leurs propositions pour le Québec et de connaître leur position quant aux enjeux québécois.

Charlie Angus, Niki Ashton et Jagmeet Singh, dont la langue maternelle est l'anglais, ont tous été capables de s'exprimer en français à des degrés divers. Le député de Rimouski-Neigette—Témiscouata—Les Basques, Guy Caron, qui est le seul candidat québécois, s'est toutefois distingué par sa maîtrise de la langue et par sa connaissance des enjeux propres au Québec.

Séduire les Québécois avant le 18 septembre

Les militants néo-démocrates ont moins d'un mois avant le début du vote en ligne, le 18 septembre. Ils pourront cependant assister à un dernier débat le 10 septembre prochain, à Vancouver.

Le parti comptait un peu plus de 1000 membres du Québec à la fin de 2016. Le nombre de partisans recrutés durant la course à la direction sera dévoilé cette semaine.

Le nombre de députés néo-démocrates au Québec a beaucoup diminué lors de la dernière élection fédérale, passant de 53 à 16. Plusieurs de ces élus croient que le NPD doit regagner le coeur des Québécois avant le prochain scrutin en 2019, s'il aspire réellement à former un gouvernement.

Certains militants néo-démocrates québécois ont par ailleurs exprimé des craintes quant à l'éventualité d'une élection de Jagmeet Singh, un sikh pratiquant, à la tête du parti. Le député provincial de l'Ontario jouit d'une certaine popularité au Canada anglais. Ce choix pourrait mener, selon eux, à des difficultés électorales au Québec où la laïcité dans l'espace public fait déjà l'objet d'un débat.

Le candidat a dévoilé une série de propositions jeudi pour lutter contre la discrimination et protéger les droits des gais, lesbiennes, bisexuels et transgenres. Une façon, pour lui, de souligner que sa religion ne l'empêche pas d'adhérer à des idées progressistes.

Qui sont les candidats à la direction du NPD?

Charlie Angus : 54 ans, député de Timmins—Baie James (Ontario) depuis 2004, ex-président du caucus du NPD et ex-porte-parole pour les affaires autochtones

  • S'exprime en français avec hésitation
  • Nombre d'appuis au caucus : deux, dont la députée Christine Moore
  • Autres appuis notoires : le scientifique et environnementaliste David Suzuki, et la présidente de l'Alliance de la fonction publique du Canada, Robyn Benson
  • Il est aussi soutenu par les ex-députés fédéraux Andrew Cash et Pat Martin.

Niki Ashton : 34 ans, députée de Churchill—Keewatinook Aski (Manitoba) depuis 2008, ex-porte-parole du NPD en matière d'emploi et de développement de la main-d'oeuvre

  • S'exprime en français avec quelques hésitations
  • Nombre d'appuis au caucus : cinq, dont le député Roméo Saganash
  • Autres appuis notoires : l'ex-député fédéral Joe Comartin
  • Elle est aussi soutenue par Cherri diNovo, ancienne candidate à la chefferie néo-démocrate, actuellement députée à Queen's Park.

Guy Caron : 49 ans, député de Rimouski-Neigette—Témiscouata—Les Basques depuis 2011 (Québec), ex-porte-parole du NPD en matière de finances

  • Bilingue
  • Nombre d'appuis au caucus : trois, dont la députée Ruth Ellen Brosseau, et le président du caucus québécois, Robert Aubin
  • Autres appuis notoires : les ex-députés fédéraux Yvon Godin et Rosanne Doré-Lefebvre
  • Il est également soutenu par l'ex-chef du NPD en Ontario, Howard Hampton.

Jagmeet Singh : 38 ans, député provincial de l'Ontario depuis 2011, chef adjoint du NPD dans cette province

  • S'exprime en français avec certaines hésitations
  • Nombre d'appuis au caucus : six dont la députée Hélène Laverdière
  • Autres appuis notoires : le député fédéral Brian Masse, et l'ancienne députée fédérale Mylène Freeman
  • Il est également soutenu par de nombreux députés provinciaux de l'Ontario et de la Colombie-Britannique.

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