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La Première Nation crie Bigstone poursuit l’Alberta et le Canada

La Première Nation crie Bigstone, au nord d'Edmonton a déposé une action en justice contre les gouvernements provincial et fédéral pour ne pas avoir réussi à protéger le droit à l'éducation des enfants de la communauté, selon elle.

Un texte de Stéphanie Rousseau

« Pendant des décennies, le gouvernement fédéral a versé l’argent auquel nous avions droit en vertu de traités ancestraux à la province sans notre consentement », indique le chef de la Nation crie de Bigstone, Gordon Auger, dans un communiqué de presse.

« Le gouvernement provincial a utilisé nos fonds et a violé les droits de nos enfants pendant des années », ajoute M. Auger.

Les membres de la Première Nation souhaitent que l’argent versé par le gouvernement fédéral à la province puis remis au conseil scolaire Northland leur soit transféré. Ils demandent aussi que la Première Nation gère et administre les écoles sur son territoire.

Le conseil scolaire Northland gère 23 écoles rurales dispersées sur un territoire très vaste qui couvre la plus grande partie du nord de l’Alberta. Plus de 95 % des élèves sont métis ou autochtones.

Écoles dysfonctionnelles

L'équipe chargée du conseil scolaire Northland a été renvoyée en 2010 en raison de la faible fréquentation scolaire dans ses écoles et des faibles résultats aux tests provinciaux.

Moins de 20 % des élèves obtenaient alors leur diplôme du secondaire. Les écoles avaient du mal à garder leurs enseignants et le gouvernement jugeait que les conseillers en place étaient incapables d’affronter ces défis efficacement.

Des administrateurs nommés par le gouvernement ont assuré la gestion du conseil durant l’intérim, sans amélioration importante des résultats des élèves. En octobre 2017, un nouveau conseil a été nommé.

« L’absentéisme est très élevé, autant chez les professeurs que chez les étudiants, pourtant il n’y a pas de plan prévu pour améliorer le niveau de présence ou les performances des étudiants. Il n’y a aucun plan à la division scolaire ou au ministère », explique la conseillère pour la Première Nation Bigstone Josie Auger.

Elle dénonce aussi le mauvais état des écoles de la division et le fait qu’il n’y a pas d’activités parascolaires intéressantes pour les jeunes.

« C’est un cercle vicieux et personne ne semble vouloir prendre d’action. J’ai une jeune fille et je ne sais pas comment je suis censée lui offrir une éducation de qualité qui la mènera à l’Université si elle le désire », lance Josie Auger.

« Nous voulons tous le meilleur pour nos enfants et cette situation perdure depuis des années. Nous devons faire quelque chose pour faire respecter nos droits à une éducation de qualité garantis par traité », ajoute-t-elle.

Aucune des allégations n'a été prouvée en cour.

Une porte-parole du ministère de l'Éducation a indiqué par courriel que le « gouvernement est déterminé à suivre la voie de la réconciliation et que nos engagements financiers et nos programmes ne remplacent pas du financement fédéral ».

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