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La présidente d'un syndicat national pourrait être destituée

L'Association canadienne des employés professionnels (ACEP) est empêtrée dans une crise de leadership alors que ses 13 000 membres se rendent aux urnes pour ratifier leur convention collective et déterminer le sort de leur présidente nationale.

Emmanuelle Tremblay fait l'objet d'un vote de confiance deux ans après son élection à la présidence du syndicat. Son mandat est marqué par de virulentes luttes internes. Dans les prochains jours, les économistes, statisticiens et analystes des politiques membres de l'ACEP décideront si elle continue son mandat. La période de scrutin se termine le 3 mars.

Ce vote dans le processus de destitution survient à un moment où le syndicat est sous la sellette pour avoir surveillé les comptes de médias sociaux de certains de ses membres médias.

« Je pense que, fondamentalement, nous nous sommes dangereusement enfouis dans un trou cette année. Nous tentions d'aller dans une nouvelle direction de rassemblement et de transparence avec les membres, mais malheureusement, nous sommes allés dans un endroit très sombre », a déclaré Nick Giannakoulis, vice-président national de l'ACEP.

Mme Tremblay est présentement en vacances en Chine avec sa famille et son retour n'est pas prévu avant le 20 mars. Mais, dans une vidéo YouTube affichée sur le site de l'ACEP en décembre, Mme Tremblay défend sa capacité à diriger l'organisation.

« Plusieurs personnes m'ont demandé: ''Pourquoi vous ne partez pas? Vous avez été diabolisé. Vous avez été attaqué, vous avez été renversés''. Mais, je pense que je suis la bonne personne pour diriger l'ACEP à ce stade-ci de notre histoire », a-t-elle dit.

Emmanuelle Tremblay fait l'objet de critiques depuis son entrée en fonction en novembre 2014. Elle avait remporté la présidence avec une alliance d'autres directeurs par une marge de 25 voix. Son but était de créer un fonds de grève pour accroître le pouvoir de négociation de l'ACEP.

Il y a un peu plus d'un an, Mme Tremblay a été suspendue après qu'une enquête interne eut révélé qu'elle avait accédé aux données des électeurs. À ce jour, seuls 10 % des syndiqués se sont inscrits pour voter. Pour que la destitution soit acceptée, il faudrait une majorité des deux tiers des suffrages exprimés par les membres.

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