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La réforme fiscale crée un inconfort à la rencontre des premiers ministres

Après des semaines à défendre son projet de réforme fiscale aux Communes, Justin Trudeau doit maintenant s'expliquer devant ses homologues provinciaux réunis à Ottawa. Or, certains d'entre eux craignent les conséquences de la proposition libérale sur les petites entreprises et l'économie de leur province.

Un texte de Louis Blouin

De tous, le premier ministre du Manitoba est le plus virulent critique de la réforme proposée par le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau. Évoquant un débat « empoisonné », Brian Pallister a dit craindre de voir naître une « une guerre des classes ».

À l'entrée de la rencontre, il n'a d'ailleurs pas mâché ses mots : « ça n'a aucun sens ».

Selon lui, le gouvernement fédéral doit reculer, car son projet nuira à l'économie de sa province et à l'investissement dans le secteur privé. « L'incertitude n'est pas une bonne chose quand nous tentons d'attirer du capital », a-t-il plaidé.

Peter Taptuna, le premier ministre du Nunavut, partage ces craintes. « Notre économie est très fragile et [la réforme] entraînera plus de difficultés pour nos petites entreprises », a-t-il fait valoir.

Le sort des entrepreneurs inquiète aussi la première ministre de l'Alberta Rachel Notley.

Mme Notley n'est pas contre l'idée d'un régime fiscal plus équitable, mais espère que le gouvernement sera à l'écoute pour éviter des « conséquences inattendues ».

John Horgan, de la Colombie-Britannique espère qu'Ottawa réussira à trouver l'équilibre. D'un côté, dit-il, « des propriétaires de petites entreprises en Colombie-Britannique sont très inquiets », alors que, de l'autre, les gens ordinaires « ne comprennent pas pourquoi une personne qui gagne 250 000$ ne paie pas sa juste part d'impôt ».

Wade MacLauchlan, de l'Île-du-Prince-Édouard, espère pour sa part obtenir des clarifications de la part du ministre fédéral des Finances.

Il souhaite que la réforme ne complique par le transfert d'une entreprise au sein d'une même famille dans les secteurs agricoles ou de la pêche.

« Les petites et moyennes entreprises portent notre croissance » , a-t-il fait valoir.

La marijuana au menu

La légalisation de la marijuana sera un autre sujet chaud autour de la table.

L'entrée en vigueur au 1er juillet 2018 est trop rapide pour Brian Pallister.

Le premier ministre manitobain pense que ce « changement historique » doit être retardé d'un an pour « mieux protéger les Canadiens ».

Il cite l'incertitude entourant la qualité du produit vendu, les sites de distribution et la formation des policiers, notamment.

Son homologue de l'Île-du-Prince-Édouard pense que la question du prix du produit est centrale.

Il explique que dans sa province, le cannabis est disponible sur la rue pour environ 6 dollars le gramme. « C'est difficile pour un gouvernement fédéral ou provincial d'être compétitif à ce prix », fait-il valoir.

John Horgan veut aussi discuter de distribution et se préoccupe du sort à réserver aux nombreux dispensaires illégaux déjà installés sur le territoire de la Colombie-Britannique.

L'Alberta est sur le point de dévoiler son plan et la première ministre Rachel Notley veut des assurances concernant les recettes fiscales du commerce du cannabis. Elle s'attend à ce que la légalisation se fasse à coûts nuls pour les provinces qui se retrouveront avec plusieurs responsabilités.

Les discussions des premiers ministres porteront aussi sur la renégociation en cours de l'ALÉNA et la croissance économique. Justin Trudeau a aussi rencontré des leaders autochtones au début de la journée.

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