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La sénatrice Claudette Tardif prend sa retraite

Les organismes francophones ont déploré le départ à la retraite de la sénatrice de l'Alberta Claudette Tardif, « une championne des communautés de langue officielle en milieu minoritaire » .

Un texte de Tiphanie Roquette

La Franco-Albertaine, qui avait été nommée en 2005 par Paul Martin, quittera ses fonctions le 2 février pour passer plus de temps avec sa famille. Son mari, Denis Tardif, et elle ont trois enfants et sept petits-enfants.

Elle continuera cependant d'appuyer les causes qui lui tiennent à coeur comme la francophonie et l’éducation postsecondaire.

« Je suis particulièrement fière de mon implication pour l’avancement des dossiers de la francophonie en Alberta ainsi que pour l’ensemble du Canada », a indiqué Mme Tardif dans un communiqué.

Le départ d’une alliée

Le président de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, Jean Johnson, regrettera « une alliée vraiment forte ». Il a dit que la sénatrice a représenté sans cesse les intérêts de la francophonie canadienne depuis son arrivée à la Chambre haute il y a 12 ans et a continué à le faire jusqu’à ces toutes dernières semaines.

Elle a ainsi permis de lancer une étude sur la modernisation nécessaire de la Loi sur les langues officielles, selon M. Johnson. « Elle a lancé ces travaux-là, elle a établi le ton et elle a élevé la barre par rapport au discours sur les langues officielles », a-t-il rappelé.

Le vice-président de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), Albert Nolette, a estimé que ce dernier chantier de la sénatrice « aura certainement des retombées extrêmement profondes pour l’avenir de la dualité linguistique au Canada ».

Une femme engagée depuis ses débuts

Il qualifie également Mme Tardif de « modèle inspirant pour les jeunes et les femmes » et rappelle « son soutien aux initiatives pour l’inclusion des immigrants d’expression française ».

« Les questions linguistiques ont fait partie des débats au sein du Sénat canadien grâce à la détermination et à la persévérance de Claudette Tardif. Au nom de toutes les Fransaskoises et Fransaskois, je la remercie pour son apport considérable pour la francophonie canadienne et lui souhaite un bon succès pour la suite de ses projets »​, a souligné par voie de communiqué la présidente de l’Assemblée communautaire fransaskoise (ACF) ​​Françoise Sigur-Cloutier.

L'engagement de Mme Tardif auprès des francophones date du début de sa carrière, lorsqu’elle a enseigné la langue française dans les écoles catholiques d’Edmonton. Très vite, elle est entrée à la Faculté Saint-Jean de l’Université de l’Alberta dont elle a été la doyenne entre 1995 et 2003.

Elle a poursuivi son militantisme pour les droits linguistiques à la Chambre haute, où elle est devenue présidente du Comité sénatorial des langues officielles. À ce poste, elle a publié un rapport sur l’apprentissage du français en Colombie-Britannique.

En plus des francophones en milieu minoritaire, la sénatrice s’est aussi engagée dans l’amélioration des relations entre le Canada et la France. Elle a été présidente du Groupe interparlementaire Canada-France pendant sept ans et est actuellement vice-présidente de l’Association interparlementaire Canada-France.

Cette passion et son travail pour les francophones lui ont valu de nombreuses reconnaissances, dont l’insigne d’officière de la Légion d’honneur française et l’Ordre des francophones d’Amérique.

Une école à Sherwood Park, en Alberta, a été baptisée en son nom et en celui de son mari. De nombreuses bourses et prix ont également été créés en son honneur.

Qui pour la remplacer?

Le président de la FCFA Jean Johnson espère que la communauté franco-albertaine va travailler fort pour trouver un ou une remplaçante à Mme Tardif et les inciter à présenter une candidature.

Le gouvernement de Justin Trudeau a mis en place un comité consultatif indépendant chargé de conseiller le premier ministre sur les nominations au Sénat. Tous les Canadiens et Canadiennes âgés de 30 à 75 ans peuvent présenter leur candidature.

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