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La sénatrice Marilou McPhedran ne pourra pas défendre les victimes de harcèlement à même son budget

La sénatrice, qui avait prévu de couvrir à même son budget de fonctionnment les frais juridiques des employés de la Chambre haute harcelés par des sénateurs, devra trouver un autre moyen d'offrir ce genre de soutien, a déclaré lundi un porte-parole du Sénat.

Selon le Comité permanent de la régie interne, des budgets et de l'administration, l'utilisation de fonds publics pour payer les frais juridiques d'un tiers n'est pas permise par les règles du Sénat. Le comité ajoute que si une demande de dépenses en ce sens devait être déposée, elle serait rejetée.

« Les politiques du Sénat prévoient que les sénateurs peuvent retenir les services d'entrepreneurs pour les soutenir dans leurs fonctions parlementaires, ce qui n’inclut pas les frais juridiques d’un tiers », a déclaré Alison Korn, porte-parole du Comité sénatorial de l'économie interne.

La sénatrice indépendante du Manitoba, Marilou McPhedran, a déclaré la semaine dernière qu'elle utiliserait une partie de son budget alloué à la recherche et à l'embauche d'entrepreneurs, pour retenir les services de l’avocate spécialiste des droits de la personne, Anne Levesque.

La sénatrice a créé une adresse courriel confidentielle afin que les employés puissent contacter l’avocate directement. Mme McPhedran s’est également proposée comme intermédiaire entre l’avocate et les employés harcelés.

Marilou McPhedran affirme qu’on lui avait dit que le Sénat ne lui permettrait pas d'utiliser le budget de son bureau pour couvrir les coûts d'une consultation juridique.

Elle croit tout de même qu’elle a le droit d’utiliser les ressources du Sénat à cette fin.

« Si j'avais le temps, je contesterais cette décision parce que je crois qu’ils ont tort », a-t-elle déclaré.

La sénatrice affirme que ce n’est plus un problème, puisque l’avocate a offert de mener les premières consultations juridiques bénévolement.

« Ma priorité est de créer un espace sécuritaire et confidentiel, indique la sénatrice. Je ne vais pas me laisser intimider par ce « petit groupe » qui a tellement de pouvoir au sein du Sénat ».

Le « petit groupe » auquel la sénatrice fait référence est le comité de direction. Composé de trois membres, ce comité tranche les différends qui surviennent au sujet de l'admissibilité d'une demande de remboursement de dépenses. Il est composé des sénateurs Larry Campbell et Jim Munson et de la sénatrice Denise Batters.

Un porte-parole du Sénat a déclaré que la Chambre haute prend au sérieux la question du harcèlement au travail et qu'une politique existe depuis 1993. Un sous-comité examine actuellement la politique dans le but de mettre à jour son contenu.

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