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La solution aux problèmes des brise-glaces canadiens passe-t-elle par la Floride?

Le problème de fiabilité des brise-glaces de la Garde côtière canadienne représente un énorme casse-tête pour le gouvernement fédéral et une incertitude pour l’économie.

Pour éviter une perturbation du commerce maritime sur le Saint-Laurent, Ottawa veut trouver des solutions intérimaires. Mais à quelle vitesse compte-t-il procéder? Devra-t-il se tourner vers la Floride?

Dans le monde naval, ils sont nombreux à se demander pourquoi le Canada n’a toujours pas mis la main sur l'Aiviq pour faire face à la pénurie de brise-glaces qui s’aggrave.

C’est un bon navire, il ne devrait pas être ici à ne rien faire.

Joe Borkowski, capitaine du Aiviq

L'Aiviq, construit par Edison Chouest, un pilier américain de l’industrie naval, est le seul brise-glace à vendre ou à louer présentement en Amérique du Nord. Il apparaît comme une solution fiable et rapide.

Construit pour la pétrolière Shell au coût de 200 millions de dollars américains, le navire devait servir aux activités d’exploration au large de l’Alaska. Il n’existe aucun autre brise-glace aussi récent sur le continent. Mais le groupe pétrolier a mis fin à son forage dans l’Arctique et n’en a plus besoin. L'Aiviq aura servi moins de cinq ans.

C’est une chance unique pour le Canada de se procurer cet actif à un prix inférieur aux coûts de production.

Roger White, Edison Chouest Offshore

Ottawa avait déjà dit non

La solution de l'Aiviq semble d’autant plus logique que le chantier Davie, au Québec, détient les droits sur ce navire.

« Nous avons une option pour acheter le bateau ou le louer », explique John Schmidt, le vice-président de Federal Fleet Services, une filiale de Davie.

Le printemps dernier, sachant qu’un besoin urgent de brise-glaces pointait à l’horizon, Davie avait offert de louer l'Aiviq au gouvernement fédéral. Il proposait même d’en faire l’entretien.

Une proposition rejetée du revers de la main par Ottawa, qui jugeait que cette solution intérimaire n’était pas nécessaire, surtout parce qu’elle venait à l’encontre de sa stratégie navale. Un plan qui n’a pourtant produit aucun navire en six ans d’existence.

Or, la semaine dernière, de hauts fonctionnaires de la Garde côtière et de Travaux publics disaient ignorer les options disponibles sur le marché pour pallier le besoin urgent de brise-glaces.

Pressant ou non?

En attendant la construction de nouveaux brise-glaces, le gouvernement a beau être à la recherche de solutions intérimaires, il n’a toujours pas fixé d’échéance et évite de prononcer à tout prix le mot urgence.

Davie soutient que le Aiviq pourrait être opérationnel très rapidement, à temps même pour cet hiver et ainsi limiter les risques de perturbation du trafic maritime sur le Saint-Laurent et dans le Golfe.

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