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La surfacturation en santé : la C.-B. devait agir, selon un expert

Ignoré pendant des années par les gouvernements de la Colombie-Britannique, le problème de surfacturation dans le système de santé devient de plus en plus pressant, selon Demien Contandriopoulos, un expert en santé publique.

La Colombie-Britannique a annoncé lundi qu'elle allait durcir le ton contre les médecins qui facturent des frais supplémentaires pour certains actes médicaux déjà couverts par l'assurance maladie.

Damien Contandriopoulos est professeur à l'École des sciences infirmières de l'Université de Victoria, titulaire de la Chaire de recherche Politiques, connaissances et santé, et chercheur à l'Institut de santé du Canada.

En entrevue à l’émission Phare Ouest, il dit qu’il était temps que la province mette fin à cette pratique déjà illégale. « Il y a eu un glissement ces dernières années. Des médecins entreprenants se sont essayés et il ne s’est rien passé. Les provinces ont fermé les yeux », explique-t-il.

Il note toutefois que la province n’a pas agi de son propre gré. La Colombie-Britannique réagit aux pressions d’Ottawa, qui a réduit ses subventions à la province pour compenser la surfacturation.

« Le fédéral dit : "Nous, on subventionne les provinces pour offrir les soins. Si les provinces laissent les médecins facturer, alors on va enlever ce montant de notre subvention, vu que l'argent a été pris dans les poches des patients. Pas besoin de le payer une deuxième fois." », souligne Damien Contandriopoulos.

Une opposition du secteur privé

Un médecin de Vancouver a menacé la province de déposer une demande d’injonction contre les mesures annoncées par le gouvernement. Brian Day est déjà devant la cour pour faire reconnaître le droit constitutionnel des Canadiens à un système de santé à deux vitesses.

Damien Contandriopoulos n’est pas surpris. Il note que le Dr Day est « connu pour avoir une pulsion vers la poursuite judiciaire contre le gouvernement ». Il croit que certains médecins vont tenter de trouver des façons de sauver leur modèle d’affaires et que le gouvernement devra être très ferme.

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