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La table électorale est mise pour la reprise du procès Duffy

Le chef du Parti conservateur, Stephen Harper, est ciblé par ses adversaires à la veille de la reprise, en pleine campagne électorale, du procès du sénateur Mike Duffy, qui a plaidé non coupable d'accusations de fraude, d'abus de confiance et de corruption.

Le chef du Parti libéral, Justin Trudeau, a réitéré sa promesse de réformes au Sénat et ailleurs au gouvernement, en profitant pour attaquer son adversaire conservateur. « Le scandale Mike Duffy est plus qu'un symbole du manque de jugement de Stephen Harper », a déclaré M. Trudeau, accusant le premier ministre sortant d'avoir « transformé Ottawa en marécage partisan ».

De son côté, le chef du Nouveau Parti démocratique a dit avoir « noté avec grand intérêt » que Stephen Harper avait décidé « de partir au pôle Nord » pendant le procès du sénateur. Il a essayé de s'esquiver de mes questions à la Chambre des communes par rapport à M. Duffy. Mais ça n'a pas marché. Il peut s'éloigner dans l'Arctique, mais les questions vont continuer de le talonner », a déclaré Thomas Mulcair.

« Cette semaine, il a nié avoir dit "good to go", et pourtant, à la Chambre des communes, il a tout sauf nié qu'il a dit "good to go". Il a juste dit que c'était par rapport à M. Duffy et à ses propres dépenses », a ajouté M. Mulcair. « J'ai l'impression que la longue liste de fois où M. Harper a dit une chose et son contraire dans le procès Duffy va finir par le rattraper, parce qu'on ne peut pas dire une chose et son contraire, et que les deux soient vrais. C'est matériellement impossible. »

Le chef conservateur a toujours nié avoir été au courant du versement d'argent de son ex-chef de cabinet Nigel Wright à Mike Duffy. Questionné dimanche sur la signification de l'expression « feu vert » (good to go), Stephen Harper a indiqué : « Ces mots ne sont pas les miens, ce sont ceux de quelqu'un d'autre ». « J'ai dit à plusieurs reprises et je pense que les faits sont clairs, que je ne savais pas que M. Wright avait fait un paiement à M. Duffy et dès que je l'ai su, j'ai rendu l'information publique ».

« Il peut s'enfuir, mais il ne peut se cacher », a conclu pour sa part le chef du NPD.

Mardi, Stephen Harper a soutenu qu'il avait fait ce qu'il fallait dans cette affaire. « Pour ces dépenses du Sénat, j'ai dit à M. Duffy que je pensais que certaines de ces dépenses devraient être remboursées aux contribuables. On m'a dit que M. Duffy avait remboursé ces dépenses. Tout le monde a été informé que M. Duffy a remboursé ses dépenses.

« Quand j'ai appris que ce n'est pas le cas, j'ai pris des actions nécessaires et des gens sont en train d'être tenus responsables de leurs actions », a résumé M. Harper.

Des promesses en l'air, juge Trudeau

Par ailleurs, Justin Trudeau a reproché au chef conservateur et à son adversaire néo-démocrate, Thomas Mulcair, de faire des promesses qu'ils ne pourront pas tenir quant à l'avenir du Sénat, que ce soit en le réformant ou en l'abolissant.

D'un côté, il a de nouveau rappelé que Stephen Harper avait « brisé sa promesse de ne pas nommer de sénateurs 59 fois ». De l'autre, il a estimé que Thomas Mulcair avait agi avec empressement en faisant une « promesse de pourparlers constitutionnels », puisqu'il sait que le gouvernement fédéral ne peut abolir seul le Sénat sans l'accord unanime des provinces.

M. Trudeau a rappelé que le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, s'est opposé à l'abolition du Sénat, tout comme d'autres chefs de gouvernements provinciaux. « Je ne jouerai pas de jeux avec la Constitution canadienne », a-t-il promis.

Le chef du Parti libéral a rappelé trois des principaux axes des réformes qu'il souhaite implanter à Ottawa :

  • une refonte de la nomination des sénateurs, en mettant en place un comité indépendant, non partisan, qui ferait des recommandations basées sur le mérite;
  • un gouvernement ouvert et transparent, par exemple par la publication des frais de déplacement des députés;
  • plus de votes libres au Parlement, en excluant cependant les questions de confiance, comme un budget, les questions liées à la Charte des droits et libertés et les votes sur un élément de la plateforme électorale du parti. M. Trudeau affirme que, malgré ces exceptions, de nombreux votes se qualifieraient pour se tenir de façon libre.

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