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La tempête du 5 janvier tourbillonne encore à Saint-Léandre

Lors de la tempête du 5 janvier dernier, des résidents du village de Saint-Léandre, près de Matane, sont demeurés coincés dans leur rang du jeudi jusqu'au dimanche. Plusieurs citoyens en avaient gros sur le cœur et l'on fait savoir à leurs élus, lundi, lors de la réunion du conseil municipal.

Un texte de Joane Bérubé

Le maire de Saint-Léandre, Steve Castonguay, admet qu’il y a eu des problèmes lors de la fameuse tempête du début janvier. Toutefois, ajoute-t-il, la tempête était si forte, que c’était même difficile de donner un service.

La visibilité était tellement mauvaise que les employés municipaux, chargés d’ouvrir les chemins, ont d’ailleurs préféré attendre que les vents diminuent avant de prendre la route.

« Les employés n’osaient pas sortir, avaient peur de se blesser ou qu’il arrive des avaries ou d’autres problèmes », relate le maire. Il rappelle que les principales routes, comme les routes 132 et 195, sont demeurées fermées à la circulation jeudi et vendredi ce qui, relève-t-il, est assez exceptionnel.

Le samedi, les employés municipaux ont repris le travail. C’est alors que la souffleuse à neige est tombée en panne.

Incapable de réparer la souffleuse, la Municipalité a finalement appelé un entrepreneur local à la rescousse dimanche. Ce dernier a finalement ouvert toutes les routes de la municipalité.

Presque quatre jours coincés

Certains citoyens n’ont pu sortir de chez eux que dimanche en fin de journée, principalement les résidents des rangs 9,10 et 6 ouest.

« Rester coincés au fond d’un rang pendant quatre jours, je ne crois pas que ce soit normal », a d’ailleurs lancé un citoyen lors de la réunion du conseil lundi soir.

Ils étaient une trentaine entassés dans la petite salle du conseil, principalement venus faire le point sur les évènements, à vouloir comprendre comment leur Municipalité gérait le service de déneigement et quelles étaient les solutions mises en place pour éviter que cela ne se reproduise.

Évacuation d'urgence

Pour Anne Gauthier, infirmière, il s’agit aussi d’une question de sécurité.

Plusieurs citoyens ont aussi fait part de cette préoccupation à leurs élus. « Ç'a pris quatre jours avant d’avoir une souffleuse. Il y aurait eu quelqu’un de malade, il y aurait eu un feu, ça aurait pris combien de temps avant d’avoir quelqu’un? », a lancé un citoyen mécontent.

Anne Gauthier a expliqué aux élus que dans le rang où elle habite, il y a neuf personnes sur 19 résidents qui ont des problèmes de santé, une personne âgée de plus de 80 ans ainsi qu’une femme enceinte qui doit accoucher en février.

« Ça t’oblige toi-même, dit-elle, à avoir un plan B parce que s’il arrivait quelque chose, moi comme travailleuse de la santé, je ne peux pas dire que je me croise les bras et que j’attends. Ce n’est pas vrai. Il va falloir faire quelque chose. »

Mme Gauthier aimerait bien que ce fameux plan B soit pris en charge par la Municipalité.

Si une urgence était survenue, la Municipalité aurait fait appel à un entrepreneur local pour ouvrir le chemin pour l’ambulance ou les pompiers, a expliqué le maire voulant ainsi se faire rassurant.

« Quand tu attends l’ambulance, c’est long en sacrement, a par la suite répondu Anne Gauthier, chaque minute compte. La journée où cela arrive, il est trop tard après pour dire qu’il aurait fallu qu’on s’assoie et qu’on arrête de s’obstiner. »

Des rangs négligés

Le dimanche suivant la tempête du 5 janvier, c’est un résident qui a finalement utilisé son tracteur pour ouvrir le rang de Mme Gauthier.

Quelques uns de ces voisins ont aussi relevé que les routes du village voisin de Sainte-Paule étaient alors bien dégagées. « On aurait juré qu’ils avaient passé le balai », a commenté un citoyen.

Ce n’est pas la première fois que des citoyens de Saint-Léandre se plaignent du mauvais entretien de leurs chemins l’hiver.

Les résidents des rangs 9, 10 et 6 ouest se sentent parfois comme des citoyens de seconde zone. Dans la salle lundi soir, plusieurs ont souligné que les employés municipaux omettaient parfois d’effectuer soit un passage de charrue ou le versement de sable dans leur secteur.

Cette année leur semble pire que les autres, même si ce n’est que le début de l’hiver. « Les trucks ont-ils faibli? Est-ce que c’est les gars qui ont peur? Mais il y a quelque chose qui ne marche pas, c'est certain », a d’ailleurs lancé Anne Gauthier qui habite le rang 10 depuis son enfance.

Vers des solutions

Le maire y voit plutôt une série de facteurs, dont des vents dominants qui balaient ces chemins et qui favorisent la formation de lames de neige.

Durant la tempête du 5 janvier, ces lames de neige ont parfois atteint une hauteur de plus de 2 mètres. « Une déneigeuse ordinaire n’est pas capable de passer, ça prend absolument une souffleuse et la nôtre était brisée », commente M. Castonguay.

Il indique que son conseil municipal étudiera certaines solutions, dont l’installation d’équipement pour diminuer la hauteur des bancs de neige de chaque côté de la route. « Ça pourrait aussi diminuer la poudrerie dans certains endroits », précise le maire.

De nouveaux employés se sont ajoutés cette année. Le conseil vérifiera si les procédures sont bien appliquées.

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