Retour

La vente de Rona, signe d'une « économie ouverte », selon Couillard

La vente du quincaillier québécois Rona à l'américaine Lowe's envoie le signal que le Québec évolue dans une économie ouverte, affirme Phillipe Couillard, en invitant du même souffle les entreprises d'ici à faire de même à l'étranger.

« Je vois que M. Péladeau et M. Legault veulent nous faire reculer au siècle précédent », a commenté le premier ministre au sujet des positions des chefs péquiste et caquiste, qui déplorent l'inaction de son gouvernement dans ce dossier.

« Mais on est maintenant dans une économie ouverte, réplique Philippe Couillard, et je rappelle que pour un Rona, il y a un Couche-Tard, il y a un CGI, il y a un Saputo. C'est ça qu'il faut continuer à faire : il faut que les Québécois aillent également à la conquête des marchés. »

« Oui, il y a cet événement hier, dont on va suivre les développements, et les engagements de l'entreprise », a-t-il ajouté. « Mais on a des entreprises au Québec qui, si je ne m'abuse, ont fait pour 30 milliards d'acquisitions en 2014. On veut continuer ça. Mettons autant d'énergie à conquérir le monde. On est capables, nous, les Québécois. »

Le bon moment pour acheter Rona

À l'instar de sa nouvelle ministre de l'Économie, Dominique Anglade, M. Couillard a rappelé que la transaction annoncée mercredi est « consensuelle », ce qui n'était pas le cas lorsque Lowe's a fait une première tentative d'achat de Rona en 2012.

« L'ensemble du conseil d'administration a été d'accord pour la transaction. Ça inclut la Caisse de dépôt, ça inclut d'ailleurs les marchands participants Rona, qui forment environ 30 %, je crois, de l'actionnariat », a-t-il souligné.

M. Couillard assure tout de même que son gouvernement est « préoccupé par les conséquences pour les familles, les travailleurs, pour les commerçants qui sont membres de Rona ».

Drainville défend la position du PQ

Le leader parlementaire du Parti québécois, Bernard Drainville, a défendu la position de son parti en après-midi. Il a notamment accusé les libéraux d'avoir « jeté aux poubelles » les conclusions d'un groupe de travail sur la protection des entreprises québécoises qui avait été mis sur pied en 2013 par le gouvernement Marois.

Ce groupe, auquel participait l'ex-ministre libérale Monique Jérôme-Forget avait proposé des mesures pour favoriser le maintien et le développement des sièges sociaux au Québec et permettre aux entreprises du Québec de mieux se protéger contre des prises de contrôle non souhaitées, ce qui n'est pas le cas pour Rona. 

« La pensée de M. Couillard, elle me fait penser à [celle d']un locataire, à quelqu'un qui veut bâtir une économie de locataires au Québec. Nous autres au Québec, on veut construire une économie de propriétaires », a fait valoir M. Drainville.

Il a aussi critiqué le fait qu'Investissement Québec a liquidé au cours des derniers mois les actions de Rona que l'ex-ministre libéral des Finances Raymond Bachand et son successeur péquiste Nicolas Marceau lui avaient demandé d'acheter. Selon lui, ces actions auraient pu permettre à Québec de bloquer la transaction.

Le député de Marie-Victorin s'est en outre offusqué de propos qu'il a attribués à la ministre de l'Économie, Dominique Anglade, selon lesquels ces actions ont été vendues parce qu'aucune menace ne planait sur Rona, alors que le président du conseil d'administration du quincaillier québécois a souligné que Lowe's cognait à la porte de la compagnie tous les six mois. 

Arrêter Uber est illusoire

Le premier ministre Couillard a par ailleurs envoyé un signal clair que son gouvernement n'entend pas interdire le service de covoiturage Uber, qui est vertement décrié par toute l'industrie du taxi.

« Historiquement, dans toute l'histoire des sociétés, tout mouvement qui vise à freiner ou arrêter un développement technologique, ces mouvements-là ont toujours échoué », a-t-il fait valoir.

« On doit donc se réunir, comme société, avec les chauffeurs de taxi, qu'on veut traiter équitablement, avec les autres partenaires pour voir comment on va encadrer ce milieu-là de façon équitable », a commenté Philippe Couillard. « Moi je veux que le terrain de jeu soit équitable, que la compétition soit loyale. »

En attendant les résultats de la commission parlementaire annoncée par le nouveau ministre des Transports, Jacques Daoust, le gouvernement va tout de même « veiller au respect des lois et des règlements existants », a-t-il assuré.

L'industrie du taxi, a-t-il ajouté, doit prendre garde à ne pas braquer la population en adoptant des moyens de pression contre-productifs.

« La réalité, au Québec et ailleurs, c'est que chaque fois que l'industrie du taxi a fait des protestations fortes, ça a ajouté de l'eau au moulin d'Uber. Ça n'a pas eu l'effet escompté de retarder Uber; ça a ajouté de la force à Uber », a-t-il observé. « Alors faisons ce débat, prenons le temps de réfléchir et faisons ce qu'il faut. »

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un avion s'écrase dans un arbre





Rabais de la semaine